Une enveloppe de 2 M$ pour l’agriculture de proximité

BÉCANCOUR. Le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation Donald Martel annonce le renouvellement de l’initiative ministérielle Proximité. Une enveloppe de 2 millions de dollars sur deux ans prévoit de soutenir des projets agrotouristiques de proximité qui veulent mieux rejoindre les consommateurs.

Par ÉMILE HÉROUX / eheroux@icimédias.ca

Le député de Nicolet-Bécancour a profité du lancement de la saison 2026 des marchés publics du Québec, qui se tenait au Marché Godefroy, pour faire l’annonce. Le montant de 2 M$ s’inscrit dans la foulée de la Stratégie pour l’agriculture de proximité, dévoilée en novembre dernier lors du premier Forum national des marchés publics.

« On veut soutenir vos projets qui ont des impacts bien réels sur le terrain. On veut aussi que les produits du Québec soient visibles, plus accessibles et plus présents sur vos tablettes et dans vos assiettes », explique Donald Martel.

« On veut aider nos producteurs et nos transformateurs à vendre davantage ici, chez nous. Il faut encourager les circuits courts et l’achat local. C’est extrêmement important. »

Améliorer l’environnement d’affaires des fermes de proximité et accroître la visibilité de leurs produits auprès des consommateurs sont des priorités, affirme le ministre. L’enveloppe vise le soutien de marchés publics, de projets collectifs, d’initiatives agrotouristiques et d’entreprises bioalimentaires.

« L’objectif est de rapprocher les consommateurs des producteurs tout en facilitant l’accès aux produits québécois. »

La période de dépôt des projets s’échelonnera du 27 mai au 26 juin 2026, ou lorsque les crédits budgétaires seront épuisés, selon la première éventualité. Les projets déposés devront être terminés au plus tard le 15 février 2028 et pourront recevoir une aide financière d’un maximum de 50 000 $.

Pierre Duplessis et Karine Bergeron, respectivement président et directrice générale du Marché Godefroy. (Photo : Émile Héroux)

« C’est le temps d’y revenir. Pour vrai. »

La saison 2026 des marchés publics se fera sous le thème « C’est le temps d’y revenir. Pour vrai. » Pour l’occasion, la présidente de l’Association des marchés publics du Québec, Kate Johansson, a livré un véritable plaidoyer en faveur des marchés publics, qui sont selon elle beaucoup plus que de simples rendez-vous estivaux. 

« Depuis les années 1970, notre alimentation s’est éloignée de nous. Les chaînes se sont allongées, les intermédiaires se sont multipliés. Tranquillement, on a perdu progressivement le lien avec les gens qui nous nourrissent. Les marchés publics font exactement l’inverse », soutient-elle.

« Depuis la pandémie, avec toutes les vulnérabilités et les bouleversements mondiaux qui s’en sont suivis, les marchés publics représentent une chose bien plus grande. On parle de souveraineté alimentaire, de résilience économique, de façon de mieux consommer à proximité. Les marchés publics ne sont pas accessoires dans cette équation, ils sont stratégiques. »

Kate Johansson a souligné l’apport important des quelque 150 marchés publics du Québec, qui représentent selon elle 443 millions de dollars en retombées économiques, pour plus de 8,4 millions de visites annuelles avec un panier moyen qui dépasse les 67 dollars par visite. 

Derrière ces chiffres, la présidente de l’Association des marchés publics du Québec rappelle que les marchés publics se démarquent surtout par le caractère unique de leur offre et par la proximité entre les producteurs et les acheteurs.

« Au fond, les marchés publics nous rappellent quelque chose de simple : l’économie devrait profiter aux habitants du territoire. L’autonomie alimentaire ne se décrète pas, ça se construit, transaction par transaction, territoire par territoire, entrepreneur par entrepreneur », conclut-elle.

Le président de l’Union des producteurs agricoles (UPA), Martin Caron, a félicité le message « bien senti » de Kate Johannson.

Selon lui, l’autonomie et la sécurité alimentaire sont un projet de société dans lequel les marchés publics tiennent un rôle important.

« Ce projet de société là, il prend vie grâce à notre expertise qu’on a tout un chacun. La richesse du Québec, c’est d’être capable de nourrir des gens d’ici et d’investir dans notre économie ici », explique Martin Caron.

« Les défis sont nombreux, ça fait partie du métier. Des fois, je me dis qu’on est plus que résilients, on est vraiment passionnés et dévoués. Juste le fait d’avoir une récompense, d’avoir quelqu’un devant nous qui dit “ton produit est bon”, c’est vraiment exceptionnel. »

Marchés publics en Mauricie/Centre-du-Québec

– Mékinac Gourmand – Marché public de Saint-Tite ;

– Marché Public Shawinigan ;

– Marché champêtre de Saint-Narcisse ;

– P’tit Marché des Chenaux (Sainte-Anne-de-la-Pérade) ;

– Marché public de Deschaillons-sur-St-Laurent ;

– Marché fermier du Moulin Michel (Bécancour) ;

– Marché Godefroy (Bécancour) ;

– Marché public Yamachiche.

Rappelons que la Ville de Trois-Rivières a confié à Innovation et développement économique (IDÉ) le mandat de mener une étude sur la viabilité d’un marché public sur le territoire.