Un projet porteur d’espoir pour le boisé du Grand Loup

LOUISEVILLE.  Fortement marqué par la propagation de l’agrile du frêne, le boisé du Grand Loup amorce un nouveau chapitre avec le projet Racines d’avenir, une initiative qui mise à la fois sur l’aménagement, la culture et la mobilisation citoyenne.

Au cours des derniers mois, plus de 1 800 frênes malades ont dû être abattus dans ce secteur situé derrière l’école secondaire L’Escale, laissant par endroits un paysage transformé, voire dénudé. “On parle d’une coupe à blanc dans certaines sections. Ça fait mal de perdre 1800 arbres dans un petit boisé pour lequel on avait déployé beaucoup d’efforts d’aménagement il y a quelques années à peine. C’était donc important pour nous de transformer cette réalité difficile en quelque chose de positif pour la collectivité”, explique Valérie Savoie-Barrette, directrice du Service des loisirs et de la culture à la Ville de Louiseville.

Plutôt que de se limiter à du reboisement – qui fera l’objet de démarches distinctes – la Ville a choisi de proposer un projet structurant, rendu possible grâce à une subvention du Fonds régions et ruralité. Le premier volet prévoit l’aménagement d’un nouveau sentier de 190 mètres dans une zone récemment dégagée. Conçu pour favoriser la circulation dans un boisé déjà très fréquenté, ce parcours sera agrémenté de pierres servant d’assises naturelles pour les visiteurs.

Le projet comporte également une dimension symbolique avec la création d’une œuvre artistique monumentale : un arbre à souhait de près de 20 pieds de hauteur, réalisé en métal par Julien Granger, artisan de la région. Installée à l’entrée du boisé, cette sculpture invitera les citoyens à y déposer anonymement leurs souhaits, qui seront ensuite colligés et partagés sur le site web municipal. “On veut créer un lieu de ressourcement, un symbole fort de résilience, d’espoir et de renouveau. C’est une façon de se relever collectivement”, souligne Mme Savoie-Barrette.

À cela s’ajoute un volet éducatif et culturel avec la création d’un livre jeunesse racontant l’histoire du “gardien du boisé”, un personnage nommé Louis Dufresne. “Louis pour Louisville, Dufresne pour les frênes”, précise Mme Savoie-Barrette. Destiné aux écoles et aux organismes, l’ouvrage sera accompagné d’ateliers animés permettant aux jeunes de s’approprier la démarche et de participer à cette réflexion collective sur la transformation du milieu.

Des efforts de reboisement sont néanmoins en cours en parallèle. “On va travailler avec des professionnels pour choisir des essences adaptées au milieu, et ce sera un travail qui va se poursuivre sur plusieurs années”, précise la directrice.

Le coût total du projet s’élève à 113 371 $, dont plus de 97 000 $ proviennent du Fonds de vitalisation. La Ville de Louiseville contribue pour sa part à hauteur de 10 000 $, en plus de fournir de la main-d’œuvre, tandis que des partenaires locaux offrent un appui en biens et services. Les travaux d’aménagement du sentier doivent débuter au printemps, alors que l’installation de l’arbre à souhait est prévue d’ici la fin de l’été. L’inauguration officielle devrait avoir lieu à l’automne.

Du côté de la mairie, on voit ce projet comme une occasion de redonner vie à un espace naturel précieux pour la population. “C’est très beau, ce boisé-là. Les gens vont y marcher, été comme automne. On est bien content de pouvoir le remettre en valeur, affirme le maire de Louiseville, Yvon Deshaies. Dans quelques années, la forêt va reprendre son cours.”