Un pompier sous le feu des projecteurs
INCENDIE. En juin 2024, le Lieutenant FS Martin Lafontaine, de la Régie des services de sécurité incendie regroupés (RSSIR) de la MRC de Maskinongé, a été appelé sur les lieux d’un grave incendie à Saint-Boniface, où un adolescent a failli y laisser la vie.
Cette histoire a été racontée d’une toute nouvelle façon le 14 octobre dernier, à l’émission J’ai frôlé la mort, alors que l’adolescent en question, Baptiste, revenait sur le soir de l’accident. Martin Lafontaine a été invité, dans le cadre de l’émission, à raconter sa version du déroulement de l’intervention de la RSSIR et sa prise en charge des victimes.
Le 7 juin 2024, alors que Martin Lafontaine était à un souper chez des amis, il a reçu un appel l’avertissant d’un feu de bâtiment à Saint-Boniface. “Je suis donc parti et je suis allé à la caserne chercher un camion pour me rendre sur les lieux de l’incendie. En arrivant là-bas, quand je suis sorti du véhicule, mon chef m’a dit : va chercher la trousse de premiers soins et va dans la maison en face. Il y a des jeunes blessés et il faut que tu ailles t’en occuper“, raconte le lieutenant.
Le Lieutenant Lafontaine a donc empoigné la trousse de premiers soins, s’est dirigé vers la maison en face de l’incendie et a retrouvé deux adolescents dans la salle de bain. L’un était recroquevillé dans le bain, l’autre à l’arrière, tous deux en train d’asperger leurs brûlures.
C’est Baptiste, le jeune qui était dans le bain, qui a reçu des soins le premier, étant donné l’ampleur de ses blessures. “C’était quand même de bonnes brûlures, se rappelle le lieutenant. Je l’ai donc fait sortir du bain et je l’ai amené vers la cuisine pour qu’on puisse lui mettre des bandages. À ce moment-là, l’ambulancier est arrivé. C’était une bonne chose que j’aie de l’assistance, parce que les ambulanciers ont beaucoup plus de matériel que nous. Le torse était brûlé en grande majorité et ça prenait beaucoup de bandages pour faire le tour”, raconte-t-il.
Si le Lieutenant FS Martin Lafontaine a combattu beaucoup d’incendies depuis 2009, des brûlures d’une telle envergure sont beaucoup moins fréquentes.
Le métier lui a toutefois appris à garder son sang-froid afin d’accomplir sa mission première : sauver et protéger des vies. “C’est sûr que ça se passe quand même très vite, mais on a beaucoup de formations de tous genres, explique le Lieutenant Lafontaine. Autant pour la maîtrise des incendies que la conduite de véhicules, le RCR, et le traitement des brûlures et des traumatismes”, énumère-t-il. Déjà, quand son chef lui a dit qu’il devait intervenir auprès de jeunes avec des brûlures, il repassait ses connaissances en revue dans sa tête.
De la réalité à la télé
L’histoire de Baptiste et de son ami Justin a attiré l’attention de l’équipe de l’émission J’ai frôlé la mort. La RSSIR de la MRC de Maskinongé, étroitement impliquée dans les événements, a également été contactée afin de participer au tournage. “Ils ont demandé si on pouvait participer à l’émission parce qu’avec les événements, ils pensaient qu’il y avait quelque chose à raconter et qu’il y avait de la sensibilisation à faire”, explique Martin Lafontaine.
L’incendie s’est déclaré dans le garage, alors que les deux adolescents manipulaient de l’essence afin d’allumer un feu de joie dans la cour arrière de la maison. Le Lieutenant Lafontaine rappelle que la manipulation d’essence ou autre accélérant à l’intérieur, dans un endroit fermé, est toujours à éviter. Il ajoute également qu’allumer un feu avec de l’essence n’est jamais une bonne idée non plus.
“Je ne savais pas dans quoi je m’embarquais!”, lance le lieutenant en parlant du tournage de l’émission. Alors qu’il avait accepté de participer au tournage, il a découvert qu’il serait le seul pompier de la RSSIR à prendre la parole, étant donné qu’il est celui qui s’est occupé des deux jeunes le soir de l’incendie.
Le tournage s’est déroulé à la caserne 22, située à Saint-Étienne-des-Grès. “C’était stressant, c’est sûr, mais c’était quand même le fun. J’avais déjà eu une pré-entrevue durant laquelle on avait déjà identifié des choses qu’on allait garder pour l’émission”, explique Martin Lafontaine.
Le soir de la diffusion, un petit groupe de pompiers de la RSSIR s’est réuni afin d’écouter l’émission ensemble. “J’étais quand même content et j’étais surpris de la qualité de ce que les jeunes ont raconté. Ils ont très bien parlé à la télé! J’étais impressionné!, lance-t-il. Martin Lafontaine avait également bien hâte de voir quels bouts de l’entrevue allaient être sélectionnés sur l’heure entière d’enregistrement.
