Un nouveau camion d’urgence pour la caserne 13
CHARETTE La Régie des services de sécurité incendie regroupés (RSSIR) de la MRC de Maskinongé a récemment bonifié sa flotte avec l’arrivée d’un tout nouveau véhicule d’intervention, destiné à la caserne 13 de Charette.
Plus qu’un simple ajout matériel, cette acquisition marque un virage stratégique vers une meilleure efficacité opérationnelle et une sécurité accrue pour les pompiers et la population.
“Avant, on n’avait qu’un véhicule sans rangement et sans possibilité de transport de passagers. Seul le conducteur pouvait s’y installer”, explique Dave Carrier, directeur de la RSSIR. Résultat: les pompiers devaient se rendre sur les lieux d’intervention avec leur propre voiture, en plus des camions-pompes. Une logistique peu optimale, surtout en contexte d’urgence.
Le nouveau camion permet maintenant de transporter jusqu’à six pompiers, dont quatre dans la boîte arrière aménagée pour le déplacement rapide.
Ce véhicule spécialisé n’est pas destiné à combattre les flammes directement, mais plutôt à acheminer rapidement les équipements de protection comme les habits de combat et les appareils respiratoires sur les lieux d’intervention. Les pompiers peuvent s’habiller en route, ce qui accélère grandement la réponse.

Le nouveau camion vient remplacer le “truck à lait”, littéralement un camion qui distribuait du lait, convertit en véhicule d’urgence en 1993. (Photo courtoisie)
Une régie en constante évolution
Si ce nouvel ajout répond à un besoin concret, il s’inscrit aussi dans un chantier plus large : la modernisation des pratiques et la consolidation régionale.
“En 2025, on a revu nos protocoles d’intervention. Désormais, ce sont les casernes les plus rapides, pas forcément les plus proches, qui sont dépêchées en premier”, souligne M. Carrier.
Cette logique repose sur des données du ministère de la Sécurité publique, qui tiennent compte des temps de mobilisation réels notamment les délais pour que les pompiers volontaires atteignent leur caserne avant de partir.
L’optimisation est essentielle dans un contexte où la main-d’œuvre est un défi, particulièrement en semaine, lorsque les pompiers volontaires sont au travail à l’extérieur de leur municipalité. “C’est la réalité de tous les petits villages. La journée, c’est difficile d’avoir du monde”, reconnaît le directeur.
La régie, qui couvre cinq municipalités (Saint-Étienne-des-Grès, Saint-Boniface, Saint-Mathieu-du-Parc, Charrette et Saint-Paulin), compte 70 pompiers volontaires et seulement trois employés à temps plein.
Dave Carrier mentionne aussi que des discussions sont en cours pour élargir la régie à d’autres municipalités, mais rien n’est officiel pour l’instant. “Les pourparlers se font entre les maires et les directions générales”, précise-t-il.
À plus court terme, un nouveau véhicule pour Saint-Boniface est aussi en préparation. “On est en train de magasiner”, confirme-t-il, en laissant entendre qu’une nouvelle annonce pourrait être faite dans les prochains mois.
Sensibilisation et prévention
En parallèle de son mandat opérationnel, la RSSIR mise également sur la prévention auprès des jeunes. Chaque été, l’équipe visite les camps de jour des cinq municipalités pour faire découvrir ses véhicules et transmettre des messages de sécurité. “Ce sont souvent les enfants qui ramènent le message à la maison. Ça fonctionne vraiment bien”, affirme M. Carrier.
En cette période estivale, la sécurité nautique est d’ailleurs une priorité. “Il y a déjà eu plusieurs interventions sur l’eau. Au Québec, on comptait 37 noyades récemment. Portez votre veste de flottaison, même en planche à pagaie”, insiste-t-il.
La population est aussi invitée à participer à la journée portes ouvertes du 4 octobre prochain. L’événement, qui aura lieu notamment à Saint-Étienne-des-Grès, mettra en vedette des démonstrations et kiosques de sensibilisation, incluant un volet sur les risques liés aux véhicules électriques.
