Un drain long de 65 000 kilomètres

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Par Bernard Lepage
Un drain long de 65 000 kilomètres
aume Villemure, directeur du développement et des approvisionnements chez Soleno Recyclage, tenant un drain fabriqué exclusivement avec la valorisation des plastiques no 2. (Photo : Courtoisie - Soleno)

ENVIRONNEMENT. Soleno Recyclage et Tricentris ont récemment renouvelé leur partenariat assurant l’approvisionnement de l’usine de Yamachiche en polyéthylène haute densité (PEHD), plus communément appelé plastique no 2.  

«Lorsque l’entente prendra fin en 2025, nous aurons recyclé environ 300 millions de contenants de plastique depuis le début de notre association en 2015», s’enthousiasme Guillaume Villemure, directeur du développement et des approvisionnements chez Soleno Recyclage.

Les plastiques no 2 (contenants de savon à lessive, lave-glace, lait, d’huile à cuisson, etc.) sont les plus convoités par les recycleurs puisque qu’ils peuvent être revalorisés de nombreuses façons. Chez Soleno, une fois broyés, lavés et extrudés à Yamachiche, ils sont acheminés à l’usine de Saint-Jean-sur-Richelieu pour entrer dans la fabrication de drains pour la gestion des eaux fluviales. Mis bout à bout, ces 300 millions de contenants auront permis la fabrication de 60 000 km de conduites, soit une fois et demi le tour de la terre.

«Pour les drains à petit diamètre qu’on achète à la quincaillerie, ils sont composés de matières recyclées à 100% mais pour les drains de plus gros calibre comme des ponceaux par exemple, ça va varier selon leurs applications. On doit suivre les normes à ce moment», poursuit Guillaume Villemure, confiant qu’à moyen terme le pourcentage de matière recyclée augmentera.

«Nous faisons des tests dans nos laboratoires de recherche et nous sommes en mesure de démontrer qu’avec la matière recyclée, on peut fabriquer un produit équivalent et même supérieur qu’avec de la résine vierge. Les normes vont éventuellement évoluées», croit-il.

À l’usine de Yamachiche, ce sont près de 100 millions de contenants de PEHD qui sont revalorisés chaque année. Le directeur de Soleno Recyclage ne veut pas chiffrer l’apport de Tricentris, se bornant à dire qu’il s’agit d’un «partenaire important». Mais par une règle de trois et étant donné que plus de 300 000 000 de contenants sur dix ans auront été transportés en Mauricie, on comprend que l’entreprise fournit plus du quart du plastique dont Soleno a besoin chaque année.

Tricentris est la plus importante organisation de tri au Québec avec des centres à Gatineau, Lachute et Terrebonne. Elle assure la collecte sélective de plus de 2 millions citoyens répartis entre 230 municipalités des Laurentides, de l’Outaouais, de Lanaudière, de la Montérégie et de l’Abitibi-Témiscamingue.

Un bel exemple de développement durable

Guillemure Villemure trouvait important de médiatiser le renouvellement de ce partenariat. «Souvent aux nouvelles, on voit ce qui ne fonctionne pas dans le domaine de l’environnement. C’est important de partager les succès, car ça va encourager les gens à faire les bons gestes. Le plastique a les qualités de ses défauts. S’il ne prend pas le bon chemin, il va rester des centaines d’années dans un site d’enfouissement.»

Au-delà des bénéfices économiques et environnementaux reliés à cette entente, il souligne aussi son apport social. «À notre usine de Yamachiche, on donne de l’emploi à 65 personnes avec des limitations fonctionnelles. C’est une réalité qui me touche personnellement, car moi-même, j’ai un handicap depuis 1995. Il y a plusieurs centres de tri au Québec, dont Récupération Mauricie, qui favorise l’emploi de ces personnes. Je crois donc que Soleno est un bel exemple de développement durable, un concept qui repose sur trois piliers: l’économie, l’environnement et le social», termine celui qui est devenu tétraplégique après qu’il eut été atteint d’une tumeur à la moelle épinière à l’âge de 13 ans.

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