Travailleurs étrangers: un casse-tête pour les employeurs

Travailleurs étrangers: un casse-tête pour les employeurs
Chaque année, plus de 15 000 travailleurs étrangers temporaires viennent prêter main-forte aux entreprises québécoises (Photo : Archives)

AGRICULTURE. En plein cœur de l’hiver, de nombreuses entreprises agricoles ou maraîchères s’inquiètent pour le retour des travailleurs étrangers temporaires ce printemps.

Onze mois après le début de la crise sanitaire au Québec, l’Union des producteurs agricoles (UPA) de la Mauricie demande au gouvernement fédéral de faciliter l’arrivée de ces travailleurs dont le rôle est essentiel pour bon nombre d’entreprises.

«Nous sommes dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre et ça touche plusieurs secteurs. L’agriculture n’y échappe pas. On a eu un manque de travailleurs étrangers en 2020 et on s’attend d’en manquer encore cette année. On est en pleine pandémie. On doit négocier avec le fédéral. On travaille fort, mais il y a un gros point d’interrogation sur ce dossier-là présentement», mentionne le président, Jean-Marie Giguère.

«On ose espérer en venir à une entente rapidement, car les producteurs maraîchers sont sur le bord de débuter leur préparation pour la prochaine saison s’ils n’ont pas commencé. Et lorsqu’ils s’en vont dans les champs, dès que la terre le permet, ça prend des gens pour faire le travail», ajoute-t-il.

Malgré la complexité de ce dossier, depuis l’automne passé, l’UPA révèle avoir fait des gains auprès du gouvernement entre autres au niveau de l’assignation des travailleurs. «Avant, les travailleurs étaient assignés à une ferme et ils ne pouvaient pas changer de place au cours de l’été. Étant donné qui en manquait, on a réussi à faire changer ça. On va voir si le gouvernement est prêt à rendre cette façon de faire permanente. On trouve que c’est logique de réaffecter des travailleurs lorsqu’ils sont libres pour combler d’autres besoins. On vise une employabilité à 100% pour rendre service à plusieurs fermes. Ça fait partie des discussions», rapporte M. Giguère.

Selon le président de l’UPA, les nouvelles mesures imposées aux frontières ont des impacts sur le monde agricole. «Il y a bien des éléments qui n’ont pas encore été clarifiés jusqu’ici. Il y a la question du transport, du vaccin et de la quarantaine. Le dossier des travailleurs étrangers est un peu traité à part. Il devrait pourtant être prioritaire, car on a besoin de ces bras-là. C’est un besoin criant. Ce ne sont pas des gens en voyage comme ceux qui vont dans le Sud. C’est normal d’avoir des règles à respecter, mais il faut les connaître pour pouvoir recevoir les travailleurs», explique-t-il.

L’an dernier, 26 entreprises de la région ont accueilli 396 travailleurs étrangers temporaires provenant majoritairement du Mexique et du Guatemala.

Aide insuffisante, dit le Bloc Québécois

Lorsqu’ils arrivent au Québec, les travailleurs étrangers doivent se soumettre à une période d’isolement de 14 jours. Un montant de 1500$ par individu est octroyé par le gouvernement aux entreprises agricoles pour défrayer les coûts de la quarantaine, des repas et des salaires.

Le Bloc québécois applaudit cet isolement obligatoire, mais juge que l’aide financière accordée aux agriculteurs est non adaptée à la réalité. Le Parti demande une bonification de cette somme et propose aussi que la quarantaine puisse se faire à proximité de l’aéroport pour limiter la propagation du virus dans les régions.

«Les mesures obligatoires de confinement de quatorze jours des travailleurs sont nécessaires afin d’éviter la propagation, mais elles comportent des coûts supplémentaires pour les agriculteurs qui vivent déjà de grands défis financiers. Il faut en tenir compte. Alors que l’an dernier la pandémie a occasionné de nombreux problèmes logistiques quant à la venue de travailleurs saisonniers dans plusieurs régions du Québec, mon souhait est de limiter ces effets cette année», déclare Yves Perron, député de Berthier-Maskinongé et porte-parole du Bloc Québécois en matière d’agriculture, d’agroalimentaire et de gestion de l’offre.

Enfin, M. Perron se dit interpellé par les témoignages d’acteurs du monde agricole. «Lors de nombreuses rencontres virtuelles avec les producteurs et transformateurs, l’accessibilité aux travailleurs étrangers temporaires et les complications liées à leur arrivée à cause de la situation sanitaire est en tête de liste de leurs préoccupations. C’est indéniable», informe-t-il.

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