Toute une communauté pour nourrir les familles
SAINT-ÉLIE-DE-CAXTON. La Coopérative La Charrette lance un appel à la générosité afin d’offrir 50 paniers solidaires à des familles lors de la saison des récoltes 2026, soit le double de ce qu’elle a pu offrir cette saison.
La coopérative lance donc une vaste campagne de financement auprès de ses abonnés, des individus et des organismes afin d’offrir des légumes biologiques et locaux à prix plus que réduit à des familles qui peinent à joindre les deux bouts.
L’idée de paniers solidaires n’est pas nouvelle à La Charrette. Fondée en 2017, la coopérative compte aujourd’hui 10 membres travailleurs et fournit environ 350 familles en paniers hebdomadaires, en plus d’approvisionner plusieurs restaurants de la région.
Cependant, le contexte actuel motive les membres à développer et pérenniser son volet solidaire. “Chaque année, nous récoltions les dons parmi nos abonnés afin de financer des paniers à 50 % pour environ cinq familles. On réussit chaque année à recueillir à peu près 2 000 $ en dons, juste avec nos abonnés, raconte Florence Bélanger, maraichère et membre cofondatrice. En 2025, grâce à un généreux don de l’organisme Point de rue, nous avons pu augmenter ce nombre à 25 familles. Ce don devrait être reconduit pour les trois prochaines années.”
En plus de souhaiter doubler le nombre de paniers solidaires, la ferme veut augmenter le financement de ceux-ci à 75 % afin de mieux se coller à la capacité de payer de la clientèle visée. Ainsi, les familles dans le besoin et les nouveaux arrivants pourront découvrir, cuisiner et savourer des légumes de saison, de juin à novembre. Comme toutes les personnes abonnées à La Charrette, elles recevront des recettes et des astuces de conservation chaque semaine, en plus d’avoir l’opportunité de visiter la ferme.
La campagne bat son plein
La campagne de financement a été lancée le 13 septembre dernier lors de la Fête des récoltes à la ferme. La générosité des personnes participantes a déjà permis d’amasser 1000$. Les individus et les entreprises sensibles à la cause peuvent contribuer à la campagne de financement via le site https://coopcharrette.com/paniers. Le député de Maskinongé, Simon Allaire, a également offert son soutien sans hésiter à ce projet de sécurité alimentaire porté par une entreprise d’économie sociale de la région. “Sur trois ans, on cherche 80 000$ en fonds publics, et 15 000$ qu’on pense pouvoir amasser avec la collecte de fonds”, révèle Florence Bélanger.
“Notre implication sociale ne s’arrête pas là, ajout-t-elle. Nous aimerions qu’un partenariat avec les Services d’accueil aux nouveaux arrivants débouche sur la culture de nouveaux légumes pour satisfaire cette nouvelle clientèle et favoriser les échanges interculturels. De plus, forts de notre expérience avec Equijustice avec qui nous recevons des personnes devant faire des travaux compensatoires, nous aimerions accueillir à la ferme des femmes en situation d’itinérance pour qui le travail du sol peut avoir de nombreux bienfaits.”
La campagne répond à une demande grandissante constatée par les membres de la ferme, dans un contexte de hausse du coût de la vie. De plus, dans son portrait de santé de la population du RLS de Maskinongé (2023), le CIUSSS MCQ dénote que “61% de la population (de Maskinongé) ne consomme pas au moins les cinq portions recommandées de fruits et légumes”.
“Depuis la pandémie, j’ai de plus en plus de courriels de gens qui demandent des paniers solidaires. Avec les 2 000 $, j’essayais de jongler, mais j’avais de plus en plus de familles qui en voulaient. J’ai dû refuser des familles qui étaient intéressées à nos paniers à des prix réduits, parce qu’on manquait de fond. Ça me brisait vraiment le cœur de refuser des familles.”
“Pourquoi a-t-on décidé de faire ce métier-là? C’est pour nourrir nos communautés”, conclut Mme Bélanger.
