Théâtre des Poêles à Bois : la passion triomphera
CULTURE. La troupe mauricienne le Théâtre des Poêles à Bois présente la pièce À la bonne heure du bonheur, dans quatre églises de la région. C’est la solution qu’a trouvée Serge Baril, dramaturge et metteur en scène de la pièce, afin de lutter contre l’incertitude économique qui menace le théâtre amateur.
Personne sur cette terre ne peut échapper à l’amour, et encore moins au besoin d’être aimé, telle est la thèse qui fonde cette œuvre écrite et mise en scène par Serge Baril.
La pièce dépeint un couple au bord de la rupture, dont la flamme est en train de s’éteindre puisque l’un des deux tient l’autre pour acquis. En présentant des conversations quotidiennes qui s’essoufflent, le dramaturge y aborde des thèmes actuels comme la technologie ou la guerre, bien que la pièce ait été écrite il y a plusieurs années.
« Ici, la femme dans le couple incarne l’idéal féminin, parce qu’elle est encore épanouie par un amour qui n’est plus ce qu’il était, mais elle espère toujours. Puis on a l’homme qui, lui, se désintéresse de ce qui était au départ », explique Serge Baril. « Dès qu’on prend pour acquis, il est là le piège dans l’amour. »

La distribution d’À la bonne heure du bonheur. (Photo : gracieuseté)
Pour pouvoir poursuivre leur art dans le contexte économique difficile, À la bonne heure du bonheur fera dans les prochains mois une tournée dans quatre églises de la région. La pièce sera présentée à l’église de Saint-Paulin le 7 mars, à l’église de Yamachiche le 14 mars, au sous-sol de l’église Saint-Paul à Grand-Mère le 11 avril et au sous-sol de l’église de Sainte-Thècle le 25 avril.
Si leur candidature est acceptée, la troupe pourrait également participer au Festival International de Théâtre Amateur Francophone, qui aura lieu au Château de Villers-Cotterêts, en France, en novembre prochain.
Des églises salvatrices
Serge Baril décrit le Théâtre des Poêles à Bois comme une troupe de théâtre itinérante, touchée durement par la hausse des prix.
« C’est l’enfer ! Puis je l’ai toujours ressenti, en ce sens où la troupe de théâtre est itinérante. On n’a pas de lieu de répétition, on n’a pas de salle de spectacle attitrée non plus, parce que ça coûte très cher. »
Tourner le dos à des salles de calibre professionnel ou semi-professionnel n’a pas été un choix facile ni plaisant pour eux. Toutefois, le dramaturge trouve une piste de solution dans la collaboration avec les communautés locales.
« Il y a trois ans, on a joué au Théâtre du Cégep de Shawinigan, mais ça coûte cher, parce qu’il faut payer des techniciens, il faut payer le concierge, il faut payer la salle, il faut payer la sonorisation. »
« Ce que j’essaie de faire, c’est de travailler avec la communauté. Je vais dans les municipalités, on trouve des salles dans les églises. On fait un partenariat avec eux et on prend le risque égal pour donner la moitié des ventes de billets à l’église et à la municipalité, puis l’autre moitié, on la laisse à la troupe pour les projets futurs. »
Transmettre la passion
Le Théâtre des Poêles à Bois est avant tout un organisme à but non lucratif, où les revenus sont directement remis pour financer les prochaines productions. Serge Baril évite volontairement de demander une cotisation à ses comédiens bénévoles, préférant investir chaque dollar dans la troupe pour que la flamme du théâtre amateur puisse perdurer.
Enseignant d’art dramatique, Serge Baril tente également d’éveiller un amour du théâtre chez les élèves de deux écoles primaires à Trois-Rivières. Depuis trois ans, il dirige l’escouade théâtrale, une tournée des résidences pour présenter du théâtre et du chant aux personnes âgées, qui a lieu au mois de mai.
Malgré l’absence de salle fixe et la situation précaire du théâtre amateur en région, les membres du Théâtre des Poêles à Bois se démènent pour la survie des arts vivants. Grâce à leur partenariat avec les municipalités, ils prouvent que la passion triomphera, là où les moyens font défaut.
Les billets sont disponibles sur le site Le point de vente pour 20 $ ou à la porte le soir même, au prix de 25 $ en argent comptant.
