« Si Denis Trahan voulait négocier, le conflit se réglerait en une semaine »

Par superadmin
« Si Denis Trahan voulait négocier, le conflit se réglerait en une semaine »
Des grévistes qui n'ont pas l'intention de baisser les bras posent en compagnie du conseiller syndical au syndicat des TUAC

Selon le conseiller syndicat Yves Dupont du Syndicat des travailleurs unis de l’alimentation et du commerce (TUAC), le conflit à l’abattoir Trahan se réglerait en une semaine si M. Denis Trahan, Président directeur générale de ATRAHAN Transformation voulait s’asseoir et négocier sérieusement, de bonne foi.

M. Dupont a rencontré les grévistes mercredi, 29 novembre, afin de faire le point sur la situation suite aux récentes déclarations de M. Trahan et leur apporter son appui dans ce conflit qui dure depuis tout près de deux mois.

Solidarité syndicale

M. Dupont a rappelé que vendredi, 24 novembre dernier, une période de négociation « raisonnée » a été tenue à Montréal, de 15h à environ une heure du matin et ce, sans donner de résultats positifs. « Pour négocier efficacement, ça prend un lien de confiance et je crois que M. Trahan n’a pas ce lien de confiance envers le syndicat. Dans les faits, le syndicat le fatigue », ajoute le conseiller syndical.

Du côté des travailleurs, le moral est bon et la solidarité est plus forte que jamais. « On est plus solidaires depuis le déclenchement de la grève qu’on l’était avant parce que nous nous connaissons mieux », de dire le délégué en chef du syndicat des travailleurs de l’abattoir, M. Stéphane Landry.

M. Dupont enchaîne en disant que le syndicat a présenté des demandes sans obtenir de retour de M. Trahan. « Nous sommes bien conscients que toutes nos demandes ne seront pas toutes acceptées, ce qui est tout à fait normal. Mais pour en arriver à une entente, il faut se parler, négocier, ce à quoi se refuse M. Trahan », affirme M. Dupont. « Nos demandes, Denis Trahan les voit comme une haute montagne et il ne veut pas la gravir. Il trouve le syndicat rigide. Si on l’est, c’est qu’on a des demandes légitimes et il les ignore », ajoute-t-il.

Au sujet des caméras de surveillance installées dans l’abattoir, le syndicat déplore le nombre excessif de celles-ci (une cinquantaine dit-on) et que des caméras soient alignées sur des postes de travail. « Cela est anormal, tout comme des caméras installées dans les toilettes. C’est du jamais vu », précise M. Dupont.

Le normatif

Le conseiller syndical comprend mal que M. Trahan ait mis en lumière l’aspect « salarial » dans la présente négociation. « Le problème touche l’aspect normatif principalement et non pas le salarial. Le côté salarial n’a pas été abordée par le syndicat », soutient le conseiller syndical.

Selon le syndicat, des mesures disciplinaires qui auraient touché 170 des 200 travailleurs de l’abattoir, fin 2005 et en 2006, les caméras installées à outrance dans l’abattoir, les mesures sécuritaires visant à éviter les accidents de travail sont des points sur lesquels il doit y avoir négociation. « Les travailleurs ont vécu l’enfer pendant trois ans. Ils veulent être respectés et c’est tout à fait logique et normal », de dire Yves Dupont. « Le syndicat est ouvert à la négociation. On veut que ça aille bien. On veut que le conflit se règle. Que Denis Trahan accepte le syndicat dans l’usine; qu’il accepte de négocier et qu’il fasse en sorte que le climat dans l’usine soit sain. Si l’entreprise est considérée comme une des mieux gérées au Canada, je veux bien le croire. Il gère bien son entreprise mais il a une faiblesse évidente en ce qui touche les relations humaines », précise Yves Dupont. « Nous souhaiterions que M. Trahan fasse montre d’ouverture d’esprit et que le conflit se règle pour un retour au travail avant Noël. C’est possible s’il accepte de s’asseoir avec le syndicat et de montrer de la bonne volonté », conclut M. Dupont.

Entre-temps, les travailleurs syndiqués auront leur party de Noël le 15 décembre.

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