Sauver le dernier garage du village…

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Par Bernard Lepage
Sauver le dernier garage du village…
«Les gens de Saint-Barnabé sont contents de voir que leur garage est resté ouvert», souligne Bobby Gélinas qui a repris les opérations du garage que la famille Benoit possédait depuis plus de 50 ans. (Photo : L'Écho - Bernard Lepage)

SAINT-BARNABÉ-NORD.  La vitalité d’un village se mesure souvent par la présence d’une école, d’un guichet automatique, d’une épicerie et, pourquoi pas, d’un garage…

À Saint-Barnabé-Nord l’hiver dernier, un vent d’inquiétude porté par une rumeur a soufflé dans la petite localité. À l’approche de la retraite et avec le récent départ de son employé, Gérald Benoit allait bientôt fermer son atelier de mécanique pour se concentrer sur les moteurs diésel.

La survie du seul garage du village était en jeu…

« Ici à Saint-Barnabé, tout le monde connaît M. Benoit qui avait repris le garage de son père il y a plus de vingt-cinq ans », explique Micheline Bourassa, mère de Bobby Gélinas qui a officiellement pris en charge l’atelier mécanique du boulevard Trudel au début du mois d’avril, évitant ainsi sa fermeture in extremis à la satisfaction des gens du village.  

Diplômé de Qualitech à Trois-Rivières, le jeune homme avait fait ses premières classes comme mécanicien auprès de Gérald Benoit il y a une quinzaine d’années avant de continuer sa route professionnelle chez Paillé Automobiles à Berthierville.

Il y a trois ans, Bobby Gélinas frôle la paralysie suite à un grave accident lui causant une fracture au niveau du cou et qui le met dans l’incapacité de travailler sur une longue période. « Ici, tout le monde se connaît et les gens de la place savent par où je suis passé ces dernières années », raconte le jeune homme de 34 ans, pendant qu’il serre une plaque de freins.

Ayant eu vent que son ancien employé pouvait graduellement recommencer à travailler, Gérald Benoit lui offre de venir faire quelques heures par jour au garage. « Le timing était bon pour nous deux. C’est grâce à M. Benoit que j’ai pu remonter la pente tranquillement tandis que pour lui, si je n’étais pas venu, il mettait la clé dans la porte », poursuit Bobby Gélinas qui s’est entendu avec le propriétaire pour une location avec option d’achat.

Cette belle histoire en est aussi une de famille. Travaillant seul, le jeune mécanicien a trouvé deux bénévoles pour le seconder : son père et sa mère… Infirmière auxiliaire à la retraite, Micheline Bourassa répond au téléphone, accueille les clients et les fournisseurs tout en s’occupant de la facturation tandis que son père Michel Gélinas, camionneur à la retraite, offre le service de raccompagnement à la clientèle qui laisse leur voiture au garage.

« Sans eux, je ne pense pas que j’y arriverais », confie avec reconnaissance Bobby Gélinas, qui dit avoir fait le choix de travailler beaucoup d’heures dans son village natal plutôt que perdre quelques heures à faire des allers-retours entre Saint-Barnabé-Nord et Berthierville. « La vie mérite d’être vécue », témoigne-t-il…

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