Saison des sucres: une semaine de perdue

Photo de _L'Écho de Maskinongé
Par _L'Écho de Maskinongé
Saison des sucres: une semaine de perdue
Encore un peu de patience pour se sucrer le bec…

Que l’on soit un gros producteur ou que l’on recueille encore la sève d’érable à la chaudière, le degré de préoccupation diffère vis-à-vis le début tardif de la saison des sucres ce printemps.

«C’est la pire année depuis qu’on a ouvert il y a 18 ans, déclare avec inquiétude Christian Thériault, de la cabane Chez Gerry. Dans l’érablière de 4000 entailles qu’il opère avec ses deux frères à Saint-Paulin, M. Thériault s’attend à une saison très courte. «On commence tout juste à entailler. J’ai deux gars dans le bois depuis deux semaines juste pour pelleter les lignes.»

Ces coûts de main d’œuvre supplémentaires seront à ajouter à ceux de l’huile à chauffage dont il se sert pour transformer l’eau d’érable en sirop. Une forme de carburant fréquemment utilisée chez les acériculteurs de plus gros gabarit. «Ce n’est qu’à la fin de la saison qu’on va pouvoir faire le bilan mais je m’attends à une hausse du prix du sirop d’érable.» L’acériculteur explique qu’avant même que les accumulations de neige ne viennent compliquer le tout, les réserves de sirop d’érable étaient à sec. «C’est la rareté qui fait monter les prix», rappelle-t-il.

Ce ton alarmiste n’est pas partagé par un confrère qui fonctionne encore à l’ancienne. Dans son érablière de 500 entailles à Maskinongé, Pierre Julien refuse de céder à la panique. Il commencera à entailler cette fin de semaine, soit une semaine plus tard qu’en 2007. «Pourquoi je serais inquiet, dit-il. On n’a même pas encore commencé.»

Même si la saison des sucres se termine généralement vers la mi-avril, il ne désespère pas la voir se prolonger d’une semaine étant donné l’épaisseur de neige présente dans les bois. Devant les avis des uns et des autres, il se fait philosophe: «Personne ne sait comment ça va finir à part le petit Jésus.»

Dans son érablière de 1300 entailles à Sainte-Ursule, Jean-Roch Bergeron, entrevoit une mauvaise saison mais pas la pire de sa carrière qui remonte à il y a plus de 50 ans. «Les nuits sont trop fraîches, déplore-t-il. Les érables commencent à dégeler à midi et ça commence à refroidir deux heures plus tard. Ce n’est pas l’idéal.»

La prochaine pleine lune, qui amène toujours un refroidissement des températures, est prévue pour le 20 avril. Il sera alors trop tard selon M. Bergeron pour donner le coup de pouce qui permettrait aux acériculteurs de sauver leur saison. «Les sucres, ce n’est jamais long. Environ 8 à 10 jours. Ça nous apparaît pire que pire cette année mais il ne faut pas oublier qu’on a été gâté les années passées.»

Partager cet article
S'inscrire
Me notifier des
guest
0 Commentaires
Inline Feedbacks
Voir tous les commentaires