Sages-femmes: la demande «clairement supérieure à l’offre»

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Par _L'Écho de Maskinongé
Sages-femmes: la demande «clairement supérieure à l’offre»
Marie-Eve St-Laurent, présidente de l'OSFQ.

NICOLET. «La demande pour des accouchements avec sages-femmes est clairement supérieure à l’offre. Avec quelque 230 sages-femmes pour y répondre au Québec, il y a malheureusement encore trop de personnes sur les listes d’attente», a indiqué Marie-Ève St-Laurent, présidente de l’Ordre des sages-femmes du Québec (OSFQ), alors qu’elle était de passage à la maison de  naissance de la Rivière,  mercredi. Nicolet n’y fait pas exception, a précisé celle qui vient d’amorcer une tournée provinciale  visant à échanger avec les sages-femmes sur l’évolution, les défis et l’encadrement de la pratique. «Le manque de ressources professionnelles pose certains défis. L’accessibilité en est un, bien sûr, ainsi que l’épuisement professionnel et même la pratique illégale. Il importe donc d’échanger avec les sages-femmes sur leurs réalités et sur la façon d’assurer une pratique respectueuse à la fois du besoin des femmes et des règles en vigueur.» Les problèmes posés par la pénurie La pénurie de sages-femmes au Québec a un effet domino sur la pratique, dit la  présidente. Ce fut le cas l’été dernier lorsque plusieurs sages-femmes ont dû prendre le relais alors que leurs collègues s’absentaient pour un congé de maternité, des vacances ou un congé de maladie. Cette surcharge de travail entraîne souvent de l’épuisement professionnel. Quand on sait que les sages-femmes peuvent être appelées à toute heure du jour ou de la nuit, sept jours par semaine, on peut comprendre leur vulnérabilité à l’épuisement. L’Ordre note que la pénurie de main-d’oeuvre favorise également la pratique illégale et invite ses membres à dénoncer tout acte en ce sens. «Même si nous reconnaissons qu’il y a un problème d’accessibilité, nous ne pouvons, en aucun cas, soutenir des personnes qui contreviennent à la loi en se prétendant sages-femmes et en posant des actes réservés sans être membres de l’OSFQ. Notre Ordre a pour mission de protéger le public et s’oppose à toute forme de pratique illégale», a souligné Mme St-Laurent. Des pistes de solution Conscient de la situation, l’Ordre voit à développer et/ou soutenir des initiatives afin d’accroître l’accessibilité aux sages-femmes, comme la collaboration interprofessionnelle. C’est ainsi qu’il a soutenu la mise en place d’un projet pilote dans la région de Rivière-du-Loup qui mise sur la collaboration entre les sages-femmes et les infirmières afin d’assurer la viabilité de services en région. L’Ordre a également travaillé de concert avec le gouvernement pour faciliter l’intégration des sages-femmes immigrantes. C’est ainsi que, depuis 2008, l’Ordre a accueilli 32 sages-femmes de différentes nationalités au terme d’une formation d’appoint offerte par l’Université du Québec à Trois-Rivières. Toutes ces sages-femmes travaillent maintenant dans une maison de naissance du Québec. Un lieu d’échange et de soutien Uniques au Canada, les maisons de naissance québécoises sont un modèle pour des sages-femmes du monde entier, a tenu  à rappeler Marie-Ève St-Laurent. Elles permettent aux femmes d’accoucher à l’extérieur de l’hôpital, dans un environnement sécuritaire, mais elles sont également un lieu d’échange, de soutien et d’activités pour les femmes enceintes et leur famille. La demande de services dans les maisons de naissance au Québec est constante, «preuve que les sages-femmes répondent à un véritable besoin». On compte actuellement douze maisons de naissance dans la province. Elles sont situées à Blainville, Gatineau, Mont-Joli, Montréal (Côte-des-Neiges, Jeanne-Mance et Pointe-Claire), Nicolet, Québec, Lévis, Chicoutimi et Sherbrooke. Des sages-femmes pratiquent également à Kuujjuaq, Inukjuak, Salluit et Puvirnituq au Nunavik. De plus, des équipes de sages-femmes travaillent au CISSS et du Sud de Lanaudière et pour le Conseil cri de la santé et des services sociaux de la Baie de James. La maison de naissance de la Rivière, à Nicolet, compte 14 sages-femmes. Depuis sa création, ses sages-femmes ont accompagné de nombreuses femmes tout au long de leur grossesse et ont accueilli 289 nouveau-nés.

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