Producteurs agricoles de la zone littorale du lac St-Pierre: une aide pouvant aller jusqu’à 50 000$ sur trois ans
AGRICULTURE. Quelque 200 producteurs agricoles cultivant des terres dans la zone littorale du lac Saint-Pierre sont éligibles à un soutien financier maximal de 50 000$ durant trois ans afin d’adopter des pratiques agroenvironnementales durables visant à protéger cet écosystème unique.
Selon le MAPAQ, environ 4500 hectares sont cultivés dans la zone littorale du lac Saint-Pierre, la plus importante plaine inondable d’eau douce au Québec qui s’étend de Sorel, sur la Rive-Sud, à Trois-Rivières, sur la Rive-Nord.
Les pratiques admissibles sont les aménagements végétalisés (bandes végétalisées et prairies permanentes) ainsi que les couvertures hivernales des sols cultivés. Annoncé en janvier dernier par le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, Donald Martel, le programme dispose d’une enveloppe de 6 millions$ pour les années 2026, 2027 et 2028.
Producteur laitier et de grandes cultures à Yamaska, sur la Rive-Sud, Jean-Pierre Bussières cultive des terres sur une superficie de plus de 140 hectares, dont le quart est situé dans la zone littorale du lac Saint-Pierre.
” Les principaux enjeux de cultiver dans cette zone, c’est de préserver les cultures, d’éviter les érosions des sols. Il faut évoluer, on est rendu là, à faire des bandes riveraines, des cultures de travail minimum pour nous aider à pallier les problèmes du lac Saint-Pierre “, souligne celui qui a commencé à adopter des pratiques agroenvironnementales à partir de 2014.
Dans les premières années, Jean-Pierre Bussières a essayé sans succès d’y cultiver de la luzerne et du mil. ” Ce sont des plantes qui ne survivaient pas aux grandes inondations, en particulier celles de 2017 et 2019 “, explique le producteur qui constate à la même époque que l’alpiste roseau foisonne sur les terres voisines, appartenant à la Couronne.

Selon le MAPAQ, environ 4500 hectares sont cultivés dans la zone littorale du lac Saint-Pierre. (Photo André Falardeau)
Une plante controversée
” À partir du moment où j’ai observé qu’elle était présente dans l’environnement, puis qu’elle survivait, j’ai commencé à m’intéresser à cette plante “, raconte celui qui l’a adoptée depuis. La graminée en question est cependant controversée en raison de son caractère envahissant.
Jean-Pierre Bussières l’a tout d’abord utilisé comme litière pour les animaux avant de s’en servir comme aliment de base pour son troupeau laitier. ” On a changé la fertilisation de la plante et maintenant, elle sert à nourrir mes vaches productrices de lait. Dans la même recette, j’ai de l’alpiste roseau fauché à un stade jeune, haut en protéines, puis j’en ai du vieux, haut en fibres. Ça permet d’avoir une belle ration pour mes vaches qui font faire 40 kilos de lait avec un taux de matière grasse de 4,2%. “
L’objectif du producteur agricole de Yamaska est d’en arriver à cultiver uniquement de l’alpiste roseau sur les 35 hectares de ses terres situés dans la zone littorale du lac Saint-Pierre. Il comptait se prévaloir du nouveau programme du MAPAQ uniquement si celui-ci incluait cette graminée comme plante de prairies permanentes. ” Si le ministère ne permet que les cultures conventionnelles comme le mil ou la luzerne, je ne participerai pas parce que par expérience, je sais que ça ne fonctionne pas. “
Dans son secteur, Jean-Pierre Bussières constate que les producteurs agricoles sont de plus en plus sensibilisés aux pratiques agroenvironnementales durables. ” Je trouve qu’on fait vraiment des efforts remarquables. Il y a beaucoup de cultivateurs qui font du bio, les mentalités ont changé dans notre coin. Je trouve qu’on rayonne bien dans l’innovation environnementale “, conclut-il.
