Oser demander de l’aide et briser le tabou

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Par Marie-Eve B. Alarie
Oser demander de l’aide et briser le tabou
(Photo : Archives - Denis Germain)

PRÉVENTION. Le Centre de prévention du suicide L’Accalmie est à même de constater l’impact du confinement et de la pandémie de COVID-19 sur les adolescents et les jeunes adultes. Depuis la mi-mars, l’organisme a reçu 1700 demandes d’aide de la part de jeunes de 15 à 29 ans, ce qui représente une augmentation de 14%.

«Ce qu’on observe, c’est que le confinement et l’absence de contacts sociaux ont été des éléments stresseurs qui se sont ajoutés au reste. Pour certains, c’est ce qui a fait déborder le vase. C’est toutefois trop tôt pour dire si cette hausse est seulement due à la pandémie», souligne Patrice Larin, directeur général du Centre de prévention du suicide L’Accalmie.

Besoin d’aide ou de soutien? 1 866-APPELLE (277-3553)

«Dans les 15 ou 20 dernières années, on a beaucoup mis l’accent sur des stratégies de prévention du suicide. Au final, en parler est notre outil le plus important. On voit que le simple fait de parler à quelqu’un a des impacts à court, moyen et long terme. Parfois, ça dure 10 minutes et la personne se sent mieux. Je crois que c’est mieux compris que le fait de demander de l’aide est important et que c’est un signe de force en 2020», ajoute-t-il.

Mais malgré tout, le tabou demeure lorsqu’il est question d’aborder la question du suicide, notamment quand il faut en parler avec un proche. Et l’initiative n’a pas toujours à venir de la personne qui souffre. Patrice Larin encourage les gens à s’informer de l’état d’un proche qui semble souffrir et vivre un moment difficile.

«C’est une question simple à poser : «As-tu des idées noires ou suicidaires». Je pense que les gens ont plus peur de la réponse, surtout si tu n’as jamais été confronté à ce genre de souffrance. Ça peut être déstabilisant. Il faut dire à la personne qu’on s’intéresse à elle et qu’on souhaite la soutenir dans ce qu’elle vit. On invite les gens à recevoir la réponse et après, ils peuvent appeler des ressources professionnelles. On constate aussi que maintenant, les proches qui s’inquiètent ont de meilleurs réflexes d’appeler», précise M. Larin.

Objectif : 30 000$

M. Larin sent qu’il y a une urgence d’agir, en ce moment, auprès des jeunes. La campagne de financement participatif «Osez en parler», qui se déroule jusqu’au 13 septembre sur la plateforme La Ruche, va en ce sens. L’objectif est d’amasser 30 000$ pour venir en aide aux jeunes de 15 à 29 ans et leur entourage qui ont vécu ou qui vivent des problématiques liées au suicide.

Puisque la campagne est admissible au Fonds Mille et UN pour la jeunesse COVID-19, le fonds versera une contribution supplémentaire pouvant totaliser un maximum de 30 000$ à la fin de la campagne.

Le montant amassé permettre à L’Accalmie d’absorber le rehaussement des demandes d’aide ainsi que de financer des ressources pour aller à la rencontre des jeunes pour faire de la prévention.

«On a l’impression que la jeune génération n’aime pas avoir de l’aide et que les jeunes préfèrent se débrouiller seuls. Cependant, en voyant le nombre de demandes d’aide que l’on a reçues, on constate qu’ils sont réceptifs à recevoir de l’aide quand ils ne vont pas bien. On veut démontrer que c’est possible de demander de l’aide, que ça vaut la peine et qu’on peut aller de l’avant avec de bonnes ressources. Ça peut faire peur d’appeler à des lignes d’intervention. La campagne vise aussi à briser ces tabous auprès de la jeune génération», explique Mylène Davignon, responsable du développement philanthropique à la Fondation du Centre de prévention du suicide L’Accalmie.

Pour contribuer à la campagne «Osez en parler» : https://laruchequebec.com/fr/projet/osez-parler-1-866-appelle-7606. Le Centre de prévention du suicide L’Accalmie invite aussi la population à partager la campagne.

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