Moisissures et amiante à l’Hôtel de Ville

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Par Patrick Vaillancourt
Moisissures et amiante à l’Hôtel de Ville
L'Hôtel de Ville de Saint-Boniface. (Photo : Hebdo Bernard Lepage)

SAINT-BONIFACE.  Un dégât d’eau survenu à l’automne 2021 à l’Hôtel de Ville de Saint-Boniface a accentué la problématique de moisissures dans l’entretoit de l’immeuble ce qui entraîne une mauvaise qualité de l’air, si bien que le conseil municipal a pris la décision de fermer l’Hôtel de Ville et de relocaliser ses employés à la bibliothèque municipale.

Tous les employés sont en télétravail depuis la mi-décembre, et lorsque le gouvernement du Québec allégera les mesures sanitaires, il est prévu que les employés municipaux de l’Hôtel de Ville soient relocalisés à l’intérieur de la bibliothèque municipale et du pavillon.

« Lorsqu’on est allé pour réparer les tuiles de l’entretoit après le dégât d’eau, on s’est aperçu des problèmes d’humidité. Ça aurait dû être corrigé avant parce que des ingénieurs avaient signalé la présence d’humidité vers 2012, et ça n’a pas été corrigé dans le temps. Là, on retrouve des champignons et il y a aussi de l’amiante dans la laine minérale. On a fait appel à la firme Gesfor, Poirier, Pinchin génie-conseil avant les Fêtes. La firme a recommencé l’étude du bâtiment cette semaine. On va rester en télétravail pour je ne sais pas combien de temps, ensuite on va réorganiser les employés à l’intérieur de la bibliothèque. Ça sera pour un bon bout de temps », commente le maire Pierre Désaulniers.

L’étude de la firme sera remise éventuellement au conseil municipal qui devra prendre une décision sur le sort de l’Hôtel de Ville. Tous les scénarios sont sur la table. « Ça peut être une réfection de l’Hôtel de Ville, et ça peut même aller jusqu’à une démolition complète et une reconstruction si le coût de réfection est plus cher », ajoute le maire Désaulniers.

Du mécontentement dans la population

Impliquée bénévolement à la bibliothèque depuis 2015, Manon Rodrigue a dénoncé la décision du conseil de fermer la bibliothèque à la population pour relocaliser des employés municipaux.

« Les bénévoles de la bibliothèque avons été convoqué à deux heures d’avis le 15 décembre dernier par le directeur des loisirs, des communications et à la vie communautaire Patrick Richard pour une rencontre importante. On nous a expliqué la situation avec le dégât d’eau, et que la seule solution qui a été trouvée était de relocaliser les employés à la bibliothèque. On nous a dit que la municipalité allait ouvrir un point de service pour la bibliothèque dans un salon de coiffure qui était à louer. Ça juste pas de bon sang, on va seulement entrer trois rayonnages, et c’est si le plancher le supporte. La décision a été prise dans le plus grand secret. »

Mme Rodrigue avance que depuis trois ans, les bénévoles ont mis la main à la pâte afin de rénover la bibliothèque. En 2019-2020, environ 7000 heures bénévoles ont été réalisées par le groupe de 25 bénévoles de la bibliothèque. « On est allé chercher 50 000$ en subvention au cours des dernières années pour améliorer la bibliothèque. Il nous restait seulement à changer le comptoir de prêt, alors que les matériaux ont été achetés, l’entrepreneur était réservé, on a cette subvention jusqu’au 31 mars sinon on la perd. »

Une lettre a été envoyée au conseil par Mme Rodrigue, et au moment d’écrire ces lignes, 37 familles avaient cosigné la lettre. 

Une solution a été mise de l’avant par Mme Rodrigue, soit la location de roulottes industrielles qui pourraient être rattachées au pavillon Gilles-Bellemare qui abrite la bibliothèque. « Ça deviendrait un lieu pivot pour la municipalité. On avait un espace dans la municipalité qui répondait aux normes du réseau des bibliothèques publiques. Ça éviterait de devoir déménager les articles de la bibliothèque trois fois : une fois dans le gymnase de l’école pour l’entreposage parce que dans un point de service on aura le minimum de notre collection, on va revenir 20 ans en arrière avec une table pliante et une étampe et des petits cartons. On enlèverait ce lieu de la culture à la population, on prive 1000 abonnés pour 15 employés municipaux alors qu’il y a d’autres solutions. On prive le CPE des rencontres lecture, on prive l’école de sa bibliothèque. On nous dit qu’avec l’entente intermunicipale d’aller à Shawinigan, mais nos ainés, le CPE et les jeunes de l’école n’iront pas à Shawinigan. On prive les citoyens de services qui sont là et existants. »

Pour la bénévole, son message est clair : « Selon les ingénieurs que nous avons consultés, le système de roulottes industrielles est la moins onéreuse, la plus logique, et la plus respectueuse pour les citoyens. C’est le lieu de la culture de Saint-Boniface qui est mis en boîte. »

 

« C’est le lieu de la culture de Saint-Boniface qui est mis en boîte. »

-Manon Rodrigue

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Rafaelle Auger
Rafaelle Auger
10 mois

Québec, province de l’incompétence par excellence!