Mettre des visages sur l’invisible
RECONNAISSANCE. Le Service d’accueil des nouveaux arrivants (SANA) de la MRC de Maskinongé a procédé, le 30 avril, au lancement de l’exposition itinérante Les visages de l’ombre à l’Espace culturel Simon Allaire à Louiseville, afin de mieux faire connaître la réalité des travailleurs étrangers agricoles de la Mauricie.
Présentée sous forme de portraits et de témoignages, l’exposition vise à mettre en lumière la contribution de ces travailleurs souvent peu visibles, mais essentiels au secteur agricole régional.
En appuyant cette initiative, le député de Maskinongé, M. Simon Allaire, rappelle que: “Nos travailleurs étrangers contribuent chaque jour à faire vivre notre agriculture et à soutenir l’économie de notre région. Trop souvent dans l’ombre, ils méritent aujourd’hui toute notre reconnaissance. Cette exposition permet de mettre en lumière leur parcours, leur courage et leur apport essentiel à notre communauté.”
Le directeur général du SANA, Jonner Mina Sanchez, souligne que le projet répond à un besoin de reconnaissance.
“C’est une exposition qui donnera quand même la bonne ouverture et aussi la bonne reconnaissance des travailleurs étrangers agricoles dans la Mauricie. L’objectif est vraiment de valoriser cet apport-là pour notre communauté”, explique-t-il.
Un projet régional structurant
L’initiative s’inscrit dans un effort concerté entre plusieurs partenaires institutionnels et communautaires, avec le soutien du ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration. Le SANA a été mandaté pour piloter ce projet en raison de son implication dans le dossier des travailleurs agricoles de la région.
“Ça aide beaucoup au développement économique, ça aide beaucoup au développement social”, ajoute M. Mina Sanchez.
L’exposition regroupe 12 travailleurs issus de différentes fermes de la Mauricie, sélectionnés en fonction de leur ouverture à partager leur parcours.
“Ce sont douze personnes qui représentent douze fermes. […] C’est surtout l’ouverture et l’implication qu’on veut montrer et partager avec la communauté”, précise-t-il.
Une tournée à travers la Mauricie
Après Louiseville, l’exposition entamera une tournée dans plusieurs municipalités, notamment à Saint-Élie-de-Caxton, Saint-Tite, Shawinigan, Grandes-Piles, Trois-Rivières et Batiscan au cours des prochains mois.
Cette circulation régionale vise à rejoindre un large public et à renforcer la sensibilisation.
“Ça va apporter quand même une grande ouverture de sensibilisation auprès de la population pour valoriser ces talents-là”, affirme le directeur.
Selon lui, la MRC de Maskinongé occupe une place importante dans ce projet, accueillant une part significative des travailleurs étrangers agricoles de la Mauricie.
“La moitié de ce nombre-là vient travailler ici, à la MRC Maskinongé”, souligne-t-il, évoquant une présence annuelle d’environ 450 travailleurs dans la région.
Des parcours humains mis de l’avant
Pour les participants, l’exposition représente une forme de reconnaissance de leur travail et de leur contribution.
Ader Gustavo Paz Ramirez, qui œuvre dans une production de bleuets à la ferme Dugré, y voit une valorisation de son engagement.
“C’est comme s’ils prennent en compte le travail qu’on réalise ici”, mentionne-t-il.
Il souligne également l’importance de l’intégration sociale et des activités communautaires pour briser l’isolement des travailleurs étrangers.
Du côté du SANA, le responsable du secteur agricole, Javier Alejandro Perez Ramirez, insiste sur la diversité des profils présentés.
“Nous avons choisi 12 personnes de différentes municipalités […] pour partager les parcours”, explique-t-il, évoquant des travailleurs issus de divers secteurs, allant de la production laitière à l’horticulture.
Il invite également les organismes à aller davantage à la rencontre de cette clientèle.
“Il y a des personnes qui ont besoin aussi de la communication avec les autres, parce qu’elles sont souvent éloignées de notre territoire”, souligne-t-il.
Un appel à la reconnaissance
Par cette initiative, les organisateurs souhaitent susciter une prise de conscience collective quant au rôle des travailleurs étrangers dans la vitalité du territoire.
“De valoriser surtout ces personnes […] parce que de toute façon, ce sont des personnes qui viennent contribuer avec beaucoup d’amour”, conclut M. Mina Sanchez.
Le lancement a réuni une soixantaine de participants, dont des élus, des partenaires du milieu agricole et communautaire, ainsi que des représentants de consulats, marquant le point de départ d’un projet à portée régionale.
