Maski Récolte: du bonheur à cueillir

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Par Marie-Ève Veillette
Maski Récolte: du bonheur à cueillir
Laurence Bédard estime que la saison 2019 de Maski Récolte devrait permettre 20 à 25 cueillettes au total. (Photo : Photo Marie-Eve Veillette)

SAINT-BONIFACE. Le projet Maski Récolte connaît un essor fulgurant quelques mois à peine après sa création. Pour sa huitième cueillette de l’été, 42 bénévoles de tous âges ont répondu présents à la ferme La petite terre maraîchère de Saint-Boniface. Un record!

En à peine deux heures, ils avaient bouclé leur mandat qui consistait à terminer la cueillette des concombres, des haricots, des tomates et de l’ail de cette ferme biologique nouvellement implantée sur le chemin Bernier. Un travail d’équipe teinté d’énergie et de sourires contagieux qui a gonflé à bloc le propriétaire de l’entreprise, Frédéric Morin, et son bras droit Guillaume Janelle-Lavallée. Ils étaient visiblement touchés par cette aide quasi tombée du ciel.

«Ils nous ont fait épargner plusieurs journées de travail, indique Frédéric Morin. Nous sommes extrêmement reconnaissants. Ç’a été une journée forte en émotions pour nous. De voir arriver tous ces gens venus nous aider dans nos récoltes, c’était très touchant.»

Laurence Bédard, la chargée de projet de Maski Récolte, piloté par Maski en forme, avouait être elle aussi impressionnée par le nombre de bénévoles qui ont convergé à Saint-Boniface le 1er août. «C’est définitivement notre meilleure cohorte de bénévoles, commente-t-elle. Habituellement, il y en a une quinzaine ou une vingtaine maximum. Là, c’est énorme.»

Difficile pour elle de mettre le doigt sur la raison précise de cette popularité soudaine, mais elle soulève quelques hypothèses: «Il y a beaucoup de bouche à oreille qui se fait. La plupart des gens qui viennent ont entendu parler de nous par d’autres cueilleurs. Et les bénévoles reviennent. Je revois régulièrement les mêmes visages. On est aussi très actif sur les réseaux sociaux. Les médias parlent plus de nous. On voit que le projet grossit», se réjouit Mme Bédard, qui doit maintenant penser à gérer la croissance du projet et qui se cherche un(e) assistant(e).

«Cette fois-ci, on a été chanceux parce qu’il y avait beaucoup de produits à cueillir. Mais généralement, les producteurs nous donnent un ou deux rangs. Si on se retrouvait à 42 cueilleurs dans cet espace, ça ne fonctionnerait pas. On se pilerait sur les pieds et ça ne serait pas agréable», fait valoir celle qui jongle avec l’idée de mettre en place des fiches d’inscription pour les prochaines récoltes afin d’être capable de bien prévoir le nombre de participants à chacune.

L’abondance

L’an 2 de Maski Récolte a commencé il y a environ un mois. Au moment d’écrire ces lignes, les bénévoles avaient visité quatre fermes différentes pour un total de huit cueillettes. «Jusqu’à présent, on a fait six cueillettes de fraises [aux fermes La Cueille et Éthier], une de gadelles et de pois sucrés [aux Potagers sauvages], et une de haricots, tomates, concombres et ail [à La petite terre maraîchère]. On a récolté 1000 kilos de fruits et de légumes, sans compter la collecte d’aujourd’hui [c’est-à-dire celle réalisée à La petite terre maraîchère]», indique Laurence Bédard.

À l’an 1 du projet, qui s’était échelonné de septembre jusqu’à la fin des récoltes, un grand total de 1400 kilos de fruits et de légumes avaient été sauvés des champs. C’est donc tout un départ que connaît le projet cette année.

Un projet qui, rappelons-le, bénéficie à plus d’une vingtaine d’organismes du territoire. En effet, chaque récolte est généralement partagée à parts égales entre les cueilleurs, la ferme et Maski Récolte, qui redistribue le tout à ces organismes. On parle ici de camps de jour, de maisons de la famille, de maisons de jeunes, de Centres de la petite enfance et d’écoles (dès septembre).

Des producteurs emballés

En tout, 13 producteurs agricoles de la MRC de Maskinongé se sont associés à Maski Récolte en 2019, ce qui devrait permettre plus d’une vingtaine de cueillettes d’ici la fin de la saison. De tous les producteurs approchés, seulement trois ont décliné l’invitation à se joindre au projet en raison d’un volume de production trop petit, d’une culture trop dangereuse (comme l’argousier), ou encore parce que leurs excédents sont rachetés par des entreprises ayant leurs propres cueilleurs.

Pour les producteurs participants, plusieurs avantages viennent avec l’expérience: «Ça les fait connaître. Ça montre aussi au public qu’ils ont une conscience écologique, puisqu’ils souhaitent limiter les pertes dans leurs champs. Sans oublier que ça leur donne une main-d’œuvre supplémentaire», énumère Laurence Bédard.

Lorsqu’elle leur explique en détails le projet, ils sont généralement emballés. «Souvent, ils pensent qu’ils devront être là pour la cueillette et que ça va être compliqué à gérer. Or, on leur assure qu’ils n’ont pas de temps à donner. Tout ce qu’ils ont à faire, c’est nous dire quels rangs cueillir et la technique à utiliser au besoin. C’est tout. On arrive ensuite avec notre matériel et nos bénévoles. C’est aussi simple que ça.»

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