Martine St-Yves vit sa passion

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Par Jonathan Cossette
Martine St-Yves vit sa passion
Martine St-Yves vit sa passion

Voilà plus d’un an que l’Honorable Martine St-Yves, la première femme en fauteuil roulant nommée au poste de juge au Québec, a vécu sa cérémonie d’assermentation protocolaire dans la salle de la Cour municipale de l’hôtel de ville de Drummondville. Bien qu’elle soit un modèle de détermination et d’inspiration, elle demeure humble et affirme avoir suivi la route qui allait la conduire vers sa plus grande passion.

Madame la juge St-Yves, qui habite toujours en Mauricie avec son conjoint et leurs deux jeunes filles, est également juge intérimaire des cours municipales de Victoriaville, Plessisville et Princeville ainsi que juge suppléante de la cour municipale de Trois-Rivières et de la cour municipale commune de la MRC de Maskinongé.

 

L’idée d’entreprendre des études en droit ne faisait pas vraiment partie de ses plans lors de son adolescence. «J’ai fait des études en sciences universelles. Le goût du droit est venu plus tard et je savais que ça pouvait m’ouvrir plein de portes. Donc je ne suis pas quelqu’un qui a toujours voulu faire ça depuis son enfance puisque j’aimais tellement de choses en même temps», explique la juge originaire de Louiseville.

L’accident

Entre sa 1ère et 2e année d’étude de droit, un accident de la route est venu contrecarrer les plans de Mme St-Yves. Un accident de la route qui l’a rendait paraplégique à l’âge de 21 ans. «Vous savez, même lors des moments difficiles, je n’ai jamais pensé abandonner mes études en droit. C’était ma voie! Et je savais que je n’aurais pas de contrainte dans le domaine du droit pour exercer mes fonctions. Puis au Québec, tout est parfaitement structuré et accessible pour les personnes à mobilités réduites. L’accident est survenu en juillet et je voulais poursuivre mes études dès septembre», ajoute-t-elle.

Début de carrière

«Dans les premiers temps, c’était un grand défi, mais ma passion a fait en sorte que je me donne toujours à fond depuis 1 an et demi. Je travaille 3 jours sur la route et les 2 autres journées sont consacrées à des dossiers délibérés, à de mise à jour ou à des lectures. Le tribunal est près des gens donc le défi, c’est d’accompagner le défenseur qui n’est pas toujours représenté par un avocat ou encore qui n’est pas vraiment informé sur toutes les étapes du processus», ajoute-t-elle.

Prix

«Le prix est une belle reconnaissance. Pour faire des études en droit, il faut aller étudier à l’extérieur et c’est touchant d’être reconnu dans notre région par la suite. Je suis bien contente d’être à la bonne place et dans mon domaine afin d’y vivre ma passion.»

Détermination

Sa nomination a eu des échos auprès de MEMO-Qc et de son directeur général Walter Zelaya qui qualifiait Me St-Yves de pionnière pour les personnes à mobilité réduite et un exemple de ténacité, d’engagement et d’intégrité. «C’est toujours touchant d’entendre ça, mais vous savez, je ne le vois pas comme ça parce que moi, tout ce parcours, je l’ai fait pour moi et c’est ce que je voulais être comme personne. Évidemment, tant mieux si je peux inspirer d’autres personnes parce que pour certains, c’est plus difficile à vivre.»

«J’ai travaillé beaucoup avec M. Zelaya et lui rencontre davantage de personnes à mobilités réduites et lorsque d’autres accidents surviennent, il y a des gens modèles qui les accompagnent. C’est parfait si on peut inspirer des gens et démontrer qu’on peut continuer notre vie et réussir sans problèmes», conclut-elle.

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