L’ingéniosité de Noovelia dans les hôpitaux
MASKINONGÉ. Noovelia prévoit livrer au printemps 2026 le premier robot mobile autonome de nouvelle génération destiné à circuler dans les centres hospitaliers du Québec.
Cette innovation de l’entreprise de Maskinongé est le fruit de près de trois ans de travail à la suite d’une demande conjointe du CIUSSS de Chaudière-Appalaches, du CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal et du CHU de Québec.
“Il y a une facilité à mettre des véhicules autonomes dans des hôpitaux flambants neufs, mais c’est tout un défi dans des hôpitaux existants où l’infrastructure n’a pas été bâtie pour ça, avec des couloirs suffisamment larges ou des ascenseurs dédiés”, explique Stéphane Elliott, PDG de Noovelia.
Le robot mobile autonome pourra transporter d’un département à un autre une charge pouvant atteindre 1200 lb telles que des chariots de vêtements propres ou sales, des plateaux de nourriture ou de médicaments, etc.
“Il sera capable de prendre l’ascenseur, d’ouvrir des portes automatisées, de contourner les gens ou les objets dans les couloirs. Il pourra signaler sa présence et on est à le doter d’un synthétiseur pour qu’il puisse parler, car il peut y avoir des malvoyants dans les hôpitaux”, signale sur un ton très enthousiaste le patron de Noovelia.
Au CHUM à Montréal, une flotte de près de 70 robots circule dans les couloirs depuis près d’une dizaine d’années, mais celui de l’entreprise maskinongeoise sera totalement différent. “À Montréal, ce sont plus des véhicules téléguidés qui suivent des trajectoires définies. Le nôtre est beaucoup plus versatile et sophistiqué. Éventuellement, on va y introduire l’intelligence artificielle (IA) afin de le rendre le plus efficace possible. Il en viendra à savoir intuitivement où se diriger par lui-même selon le moment de la journée.”
En fait, le robot mobile autonome de Noovelia est tellement novateur que l’entreprise est en instance de le breveter. “Nous avons fait une analyse d’antériorité et une veille technologique en Europe et aux États-Unis et nous avons la conviction que notre innovation vient répondre à un besoin qui n’est pas encore comblé. Nous avons fait une analyse de marché et il y a une demande en Amérique du Nord qui va se chiffrer en milliards de dollars. Notre produit a été conçu pour fonctionner dans les hôpitaux du Québec, mais l’objectif pour nous, c’est d’aller beaucoup plus loin”, entrevoit Stéphane Elliott.
Entreprise en forte croissance
Le robot sera 100% québécois alors que l’ensemble de l’ingénierie, le système de navigation, le système électromécanique ont été conçus par l’équipe de Noovelia tandis que son design a été confié à une firme de Trois-Rivières. “Nous avons doublé de personnel depuis un an. Nous sommes rendus à 45 personnes, dont 33 ingénieurs. Il n’y a pas beaucoup d’entreprises en Mauricie qui en compte autant que nous”, confie le PDG. Cette forte croissance a coïncidé avec le déménagement l’automne dernier de l’entreprise de Louiseville à Maskinongé, dans l’ancienne usine du fabricant de meubles Bermex.
Si le marché des robots mobiles autonomes pour le secteur hospitalier se développe comme prévu, cette croissance se poursuivra assurément estime Stéphane Elliott. “Il y aura éventuellement un appel d’offres et on y répondra. Dans le scénario où on l’emporterait, on pourrait aller en sous-traitance pour faire fabriquer les composantes du robot et se charger de les assembler nous-même et de mener les tests. Nous, on veut continuer à se concentrer sur l’innovation et le développement”, termine celui dont l’équipe d’ingénierie travaille simultanément sur différents projets comme un chariot élévateur autonome et une plateforme mobile autonome de 8 pieds par 12 pieds pouvant transporter jusqu’à 13 500 lb pour un fabricant de contreplaqués en Abitibi.
