Les microbrasseries vivent sur leurs réserves

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Par Bernard Lepage
Les microbrasseries vivent sur leurs réserves
Brasserie Dépareillée (Photo : courtoisie)

ÉCONOMIE. La crise de la COVID-19 viendra sonner le glas de la bouteille chez les microbrasseries croit Raphaël Richard, propriétaire de la Brasserie Dépareillée à Yamachiche.

Celui qui est aussi président de la Route des Brasseurs en fait le constat au fil de ses déplacements chez les détaillants spécialisés. «Premièrement, comme ils ne peuvent plus prendre de bouteilles consignées, ils ne veulent plus se stocker avec ce type de contenant. Et même lorsque la COVID sera passée, les gens vont désormais associer la bouteille réutilisable à la transmission de microbes.»

Brasserie Dépareillée

Avec Le Mouton Noir à La Tuque, Brasserie Dépareillée est la seule en Mauricie à encore utiliser uniquement les bouteilles de verre. «Brasserie de la Nouvelle-France, La Pêcheresse et La Forge du Malt s’étaient déjà converties à la canette depuis deux ans. Nous avions aussi prévu d’embarquer dans la vague et même si on est dans la crise, on a décidé d’aller de l’avant quand même», poursuit Raphaël Richard qui prévoit distribuer ses premières canettes en mai. Comme le font certaines microbrasseries, comme À la Fût par exemple, il entend conserver les bouteilles consignées pour ses produits de spécialité.

Production réduite et pertes

La pandémie actuelle fait mal aux microbrasseries de diverses façons. Des brasseurs comme Le Presbytère, à Saint-Stanislas, et le Gambrinus, à Trois-Rivières, ont cessé toute leur production puisque leurs produits étaient exclusivement consommés sur place. Pour les autres, on se contente d’embouteiller ou d’encanneter ce qui avait été mis en cuve en février et début mars.

«La plupart ont décidé de remettre à plus tard la production de nouveaux produits, car on ne veut pas se retrouver avec des pertes. Ça nous demande des ajustements au jour le jour. Nous fonctionnons toutes en production réduite», poursuit le brasseur.

Avec la fermeture des restaurants et bars,  Brasserie Dépareillée a perdu 30% de ses ventes affirme Raphaël Richard. «On est resté pris avec les fûts qu’on distribuait normalement et c’est un produit qui n’a pas une longue longévité. C’est la même situation pour toutes les autres microbrasseries.»

Pour essayer de sauver ce qu’ils peuvent, les microbrasseries tentent aussi de convaincre le gouvernement de les autoriser à faire de la livraison chez les particuliers. «Beaucoup de gens nous le demandent, mais la loi nous l’interdit. C’est déplorable, car les détaillants peuvent le faire, les microbrasseries qui ont un permis de restauration peuvent le faire et même les agences de vins d’importation peuvent le faire. On essaie de convaincre les députés de la CAQ de la région de l’importance à nous le permettre aussi», termine-t-il.

La Route des Brasseurs

Microbrasserie La Pécheresse (La Tuque)

Microbrasserie Le Mouton Noir (La Tuque)

Microbrasserie À la Fût (Saint-Tite)

Le Presbytère (Saint-Stanislas)

Brasserie de la Nouvelle-France (Saint-Alexis-des-Monts)

Le Temps d’une Pinte (Trois-Rivières)

Gambrinus (Trois-Rivières)

Microbrasserie La Forge du Malt (Trois-Rivières)

Brasserie Dépareillée (Yamachiche)

Ô Quai des Brasseurs (Bécancour)

La Ferme du Tarieu (Sainte-Anne-de-la-Pérade)

Broadway microbrasserie (Shawinigan)

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