Le Domaine Vins et Gélinas tombe dans les poires
SAINT-SÉVÈRE. Âgé de 19 ans, Julien Gélinas est le fils de Frédéric Gélinas, du Domaine & Vins Gélinas, situé à Saint-Sévère, et il s’implique déjà comme troisième génération de l’entreprise. Son programme de Technique Gestion et technologie d’une entreprise agricole à Alma l’a amené à démarrer un verger de poires destiné à la production d’alcool de poire.
Son père Frédéric et son grand-père ont lancé l’entreprise en 2001, alors Julien a toujours trempé dans l’entreprise agricole familiale. C’était clair pour lui qu’il allait s’impliquer pour aider et ultimement prendre la relève de son père.
“Je suis né là-dedans! Mon père a lancé l’entreprise avec mon grand-père en 2001 et je suis né en 2006! Je vois grandir le domaine depuis que je suis petit. Dès mon secondaire, je savais ce que je voulais faire dans la vie: reprendre le vignoble. Disons que ç’a été facile de choisir ma technique au collégial”, exprime Julien Gélinas.
C’était aussi facile pour le jeune homme de se trouver un endroit pour réaliser ses stages. Quoi de mieux que l’entreprise familiale!
“J’ai toujours travaillé dans les champs, mais ma technique me permet de voir des aspects de l’entreprise que je ne connaissais pas, comme la comptabilité par exemple”, ajoute-t-il.
Ce projet fait d’ailleurs partie intégrante d’un travail de session dans sa technique. “Le but est de diversifier nos produits avec une nouvelle culture. On pourra assurément développer une nouvelle clientèle avec l’alcool de poire qui sera produit. Ça ajoute de nouveaux défis à l’entreprise. Je trouve ça le fun!”
Il existe déjà des alcools au Québec qui sont produits à base de poires. “Par contre, ce sont toutes des poires importées. On voulait vraiment faire un produit 100 % québécois qui vient du vignoble à 100 %”, ajoute le jeune homme.
Toutefois, le climat québécois n’est pas propice aux poiriers. Il y a trois ans, une centaine de poiriers ont été plantés sur la terre avec différentes variations de poiriers, question de connaître quel type peut être plus résistant au climat hivernal.

Julien et Frédéric Gélinas, le fils et le père. (Photo Patrick Vaillancourt)
“Il y a un type qui n’a pas résisté au dernier hiver, alors ça m’indique que ce n’est pas le bon type pour notre projet. Je suis à évaluer aussi quel type de sol est le meilleur pour la croissance. Je suis présentement dans le mode essai/erreur. Mes professeurs m’encouragent beaucoup dans mon projet. Je passe des heures et des heures pour la recherche sur les poiriers. Je peux vraiment me lancer à fond dans le projet avec l’appui de mes professeurs. J’ai aussi réalisé mon plan d’affaires. Je trouve ça vraiment le fun!”
Des premières petites poires ont poussé pour une première fois cette année, mais ce ne sera pas avant 2027 que le volume sera suffisant pour commencer la distillation pour produire l’alcool de poire. “C’est une grande fierté pour moi de travailler sur ce projet pour apporter une nouvelle branche à l’entreprise familiale.”
Bien entendu, c’est une fierté pour son père Frédéric de voir que son fils marche dans ses pas. “Bâtir une entreprise comme ça, c’est de génération en génération. Je faisais des tests de variété pour mes vignes, et c’est maintenant lui qui le fait pour les poiriers. C’est un beau projet et une belle fierté. Je n’étais pas surpris quand Julien m’a parlé de sa carrière et qu’il voulait s’impliquer ici, il a toujours été sur des tracteurs avec son grand-père! Il était toujours dans les champs et il a appris tout le métier. Ce n’est pas une entreprise qu’on veut vendre, c’est une entreprise qu’on veut faire croître dans la famille et que ça continue.”
