Le communautaire à boutte dans Maskinongé

MRC DE MASKINONGÉ. Le mouvement de mobilisation “Le communautaire à boutte!”, né à Shawinigan, prend de l’ampleur dans la MRC de Maskinongé, où 80% des organismes communautaires ont adopté un mandat de grève et 100% appuient la démarche. Du 20 au 24 octobre, 16 groupes du territoire cesseront leurs activités pour dénoncer le sous-financement chronique qui fragilise leurs services et leurs équipes.

Les travailleuses et travailleurs du milieu communautaire de Maskinongé se joignent ainsi aux 75 groupes de la Mauricie et du Centre-du-Québec déjà mobilisés. Ensemble, ils revendiquent:

Un réinvestissement massif et récurrent dans le financement à la mission;

Un rattrapage du retard accumulé, une indexation annuelle des montants pour maintenir les services;

La reconnaissance pleine et entière de leur rôle essentiel;

La protection de leur autonomie par la fin du financement précaire par projet.

“Ici, dans la MRC de Maskinongé, c’est 80% des organismes qui ont adopté un mandat de grève. Quand le mouvement est parti à Shawinigan et a pris de l’ampleur, nous avons décidé de nous mobiliser à notre tour, de créer un comité de coordination et d’accompagner les organismes du territoire. En l’espace d’une semaine seulement, la moitié des organismes étaient embarqués et, deux semaines plus tard, nous étions déjà rendus à 80%. On l’a senti très rapidement: les organismes d’ici sont à boutte et il devenait essentiel de se lever ensemble. C’est partout pareil et ce n’est pas différent chez nous: on est tannés, on est fatigués et on a besoin d’un vrai rehaussement”, indique Félix Dupont, directeur général de la Maison de jeunes L’Éveil Jeunesse à Louiseville et porte-parole du mouvement pour la MRC de Maskinongé.

En moyenne, 1 900 personnes par semaine fréquentent les 20 organismes du territoire, qui réalisent près de 1 200 interventions hebdomadaires. “On est allé chercher des chiffres concrets auprès des organismes. Par exemple, à la Maison des jeunes Au Bout du Monde de St-Paulin/St-Alexis, le roulement de personnel a atteint 60% dans la dernière année. À la Maison de la Famille du Bassin de Maskinongé, ce sont près de 10 000 personnes par année qui viennent chercher du dépannage alimentaire. Avenue Libre, un organisme en santé mentale, rejoint près de 1 500 personnes avec ses activités. Au Centre L’Étape, ce sont 600 suivis qui sont faits chaque année. À la Maison des jeunes Au Cœur des Montagnes, à St-Élie-de-Caxton, on compte 4 031 interventions. Et à la Maison des jeunes L’Éveil Jeunesse de Louiseville, ce sont 500 dépannages alimentaires servis sur l’heure du midi aux jeunes chaque année – pour ne nommer que ceux-là. Ces réalités démontrent à quel point nos organismes sont essentiels, mais aussi à quel point le sous-financement nous fragilise”, ajoute M. Dupont.

Les 17 municipalités de la MRC de Maskinongé ont exprimé leur appui au mouvement, confirmant l’importance du rôle des organismes communautaires dans la vitalité sociale du territoire. Les organismes en grève fermeront leurs portes du 20 au 24 octobre “non pas par choix, mais par nécessité”. Par ailleurs, ils affirment que le sous-financement chronique met en péril les services, les emplois et la capacité d’agir du milieu communautaire. À l’échelle de la Mauricie-Centre-du-Québec, le manque à gagner est évalué à 98 M$ par année.

Rappelons que le mouvement “Le communautaire à boutte!”, né à Shawinigan et à Mékinac, est une grève historique réunissant des centaines d’organismes communautaires de la Mauricie et du Centre-du-Québec. Ensemble, ils réclament un réinvestissement durable dans le financement à la mission, la reconnaissance de leur travail et la protection de l’autonomie du secteur. 

Pour plus d’informations: https://aboutte.info/. (F.D.)