L’aventure collective de la montagne du Calvaire

SAINT-ÉLIE-DE-CAXTON.  La montagne du Calvaire est chargée de l’histoire et de la mémoire de Saint-Élie-de-Caxton. Delphine Martinez, copropriétaire du Lutin Marmiton, trouvait cependant que tout le potentiel de ce lieu emblématique restait à développer, et c’est pour cette raison qu’elle en a fait le point de départ d’une grande aventure collective.

L’objectif du projet est de créer des offres de loisir par le respect de l’environnement, la fierté d’être caxtonnien et le bien-être de toute la communauté. Comment atteindre cet objectif? En créant un écosystème caxtonnien qui se déploiera en trois volets : un parcours interactif en réalité augmentée révélant les secrets du patrimoine rural du Calvaire à travers des panneaux dynamiques et créatifs; un sentier d’interprétation forestier mettant en valeur la richesse naturelle du site de la montagne du Calvaire par des panneaux interactifs; et la création d’une boite à outils pour faciliter l’émergence d’événements et d’initiatives communautaires au sommet de la montagne du Calvaire. On souhaite également implanter un système de suivi de l’achalandage grâce à un compteur de fréquentation.

Le premier volet est constitué de circuits évocateurs du patrimoine rural, un patrimoine qui tient à cœur à Delphine et Yohan St-Yves Brisson, son partenaire. “Il y a plein de choses du côté du territoire qu’on ne connait pas! On veut donc bonifier les circuits déjà en place par des panneaux et une fresque historique, dit-elle. C’est important de se souvenir de ce qui a fabriqué notre village. Devant chaque maison, il y a une histoire, mais si on ne fait rien, on va les perdre”, se désole-t-elle.

Le second volet mise sur la création de circuits d’interprétations ludiques. Un sentier existant mène jusqu’au sommet de la montagne. Delphine et Yohan voudraient y installer des panneaux d’interprétation de la faune, de la flore et de conscientisation sur la cueillette, entre autres.

Finalement, Yohan et Delphine voudraient créer une boite à outils qui faciliterait les initiatives communautaires en fournissant du matériel facilitateur, comme de l’eau, de l’électricité et de l’éclairage mobile sur le Calvaire. Une façon de jeter au sol les barrières aux potentiels projets citoyens. Yoga? Soirée astronomique? Rien n’est impossible!

Une collaboration tombée du ciel

Ce projet d’écosystème caxtonnien trotte dans la tête de Delphine Martinez depuis au moins trois ans. En fait, son rêve au départ, c’était qu’il y ait davantage de circuits touristiques avec des panneaux informatifs sur le patrimoine, les comestibles qu’on retrouve en forêt et de la pharmacie des Premières Nations. Étant entrepreneure, elle n’avait que très peu de temps à accorder à un tel projet.

C’est à ce moment que Yohan St-Yves Brisson, fier Caxtonnien et étudiant au baccalauréat en culture, loisir et tourisme à l’UQTR, s’est mis à la recherche d’un projet pour son stage. Touché et sensibilisé par l’exode rural, il était tout naturel pour lui de revenir mettre tous ces efforts dans son Caxton natal. “Un plus un fait deux!”, lance Delphine qui venait de se faire offrir l’opportunité de développer son projet, maintenant devenu également celui de Yohan à part entière. Il faut dire que le projet est bien servi, car Delphine est spécialisée en aménagement du territoire. Elle a elle aussi fait des études en culture, loisir et tourisme, et en ingénierie du tourisme. Elle s’est penchée sur l’accessibilité des personnes à mobilité réduite dans des événements en plein air.

“On veut apporter cette expertise à la Fabrique et redynamiser ce qui se passe au Calvaire. C’est un des derniers sentiers de pèlerinage au Québec, mais il est très peu utilisé avec cette vocation. C’est une montagne communautaire, mais elle ne rassemble pas nécessairement”, déplore Delphine.

“On a une vision en développement durable et on souhaite créer des partenariats durables”, poursuit Yohan. Ils travaillent d’ailleurs déjà en collaboration avec Reliefs mauriciens pour l’interprétation de la biodiversité du Calvaire et avec la communauté autochtone d’Odanak pour son expertise en interprétation forestière.

Enthousiastes, Yohan et Delphine ont déjà en tête une phase 2 et une phase 3 pour le projet, qui incluraient notamment des sentiers pédestres qui relieraient toutes les entreprises du Caxton situées à l’arrière de la montagne.

Campagne de sociofinancement

Tous ceux qui voudraient contribuer à ce projet fait par les Caxtonniens, pour les Caxtonniens, sont invités à se rendre sur la plateforme de sociofinancement La Ruche afin de faire un don. Si la campagne de sociofinancement est réussie, chaque dollar amassé prendra la valeur de 5,80$, car le Lutin Marmiton versera un financement à la hauteur de 20 000$, la MRC de Maskinongé, 20 000$, et le fonds ImpACTE, 10 500$, soit l’équivalent de l’objectif sur La Ruche, pour un budget total de 61 000$.

Yohan et Delphine se sont amusés en proposant des contreparties loufoques et originales. Par exemple, il est possible de parrainer un arbre de la forêt que le donataire pourra prendre le temps de choisir.

Il est possible de faire un don jusqu’à la fin du mois de juillet 2025.