La solidarité de l‘Escale

Par superadmin
La solidarité de l‘Escale
Le directeur de l‘école

À l’instar du personnel et des élèves de l’école secondaire l’Escale de Louiseville, le directeur, Steve Leduc, a été surpris de voir l’ampleur médiatique qu’a pris l’agression armée survenue le 14 novembre dernier entre les murs de son lieu de travail. Si M. Leduc a accepté de rencontrer le média local, c’est en particulier pour lancer un message clair aux gens: «Ce n’est pas ça l’Escale! C’est triste parce que ça ne représente pas du tout ce que nous sommes».

«Les élèves venaient me voir pour me dire que ce qu’ils entendaient ces derniers jours à propos de leur école était très loin de la réalité, poursuit-il. Vous seriez surpris de voir à quel point l’ambiance est bonne, généralement, ici.»

À titre d’exemple, le lendemain de l’altercation, les jeunes se sont regroupés, certains grattaient leur guitare près des casiers. Voyant que les élèves ressentaient le besoin de s’exprimer par le biais des arts, le personnel a réagi immédiatement.

«On a organisé un midi qui n’était pas du tout prévu à l’horaire, affirmait M. Leduc. On a monté une scène en toute vitesse, puis les jeunes ont embarqué. Ils ont joué de la guitare, du piano. Il y avait des chansons animées, les jeunes tapaient des mains. On voulait créer une dynamique, ramener la vie et rendre ça positif.»

À savoir si les jeunes sont plus solidaires depuis le 14 novembre, sans hésitation, le directeur répond par la négative. Selon lui, ils l’étaient déjà avant cette malheureuse journée: «Pas plus solidaire, c’est ça l’Escale; c’est solidaire! Ils sont vraiment unis, c’est particulier. Les nouveaux enseignants qui arrivent sont surpris de voir l’ambiance qu’il y a à l’école, particulièrement dans le temps de la fameuse galette (Festival de la Galette de Sarrasin de Louiseville) quand il y a les trois quarts de l’école qui embarquent et qui dansent. On ne peut pas voir ça dans une autre école, il faut vraiment le voir pour le croire.»

Des échos à l’Assemblée nationale

Malgré l’ambiance positive qui règne dans la petite école de 600 élèves, le geste de violence n’a pu être évité. Comme M. Leduc, le député de Maskinongé, Jean-Paul Diamond, croit qu’il s’agit d’un cas isolé, mais il s’est surtout attardé sur la qualité du travail accompli par les personnes qui gravitent autour de l’Escale. «En premier lieu, je tiens à exprimer ma sympathie aux familles éprouvées. Comme père de famille, je suis très sensible à de telles situations. Je tiens à mentionner que le gouvernement met tout en œuvre pour prévenir la violence. Je souligne aussi le travail de l’équipe de l’école secondaire qui a réagi promptement et qui a effectué tout l’encadrement nécessaire pour le bien des élèves. Il s’agit d’un cas isolé et je ne mets pas en doute la sécurité des institutions scolaires de notre région. La violence, c’est l’affaire de tous et ensemble, nous parviendrons à l’enrayer», a-t-il souligné.

Les artistes s’en mêlent

Un ancien élève de l’Escale, Alexandre Boudreault, est membre du groupe pop-rock-électro Soundsation. Le bassiste impliqué dans sa communauté voulait lui aussi contribuer à enrayer les gestes de violence, particulièrement l’intimidation dans les écoles. Son dernier morceau, Words against us (Mots contre nous) porte d‘ailleurs sur l’intimidation. «C’est un sujet qui nous touche, on sait que c’est arrivé ici à Louiseville, il n’y a pas très longtemps et que ça l’a viré mal. Notre chanson est un message direct s‘adressant aux personnes qui intimident les autres. Avant de parler ou de dire quelque chose de mal à quelqu’un, réfléchis. Tu ne sais pas ce qui peut se passer dans sa tête, il ne faut pas être blessant dans nos propos. Quand tu es jeune, tu grandis, tes pensées changent et si tu grandis avec des pensées de non-confiance en toi, bien tu peux grandir mal et traîner des séquelles toute ta vie.»

Cause reportée

Par ailleurs, l’adolescent accusé de tentative de meurtre, relativement à cette affaire n’a pas pu recevoir l‘évaluation psychiatrique préalablement demandée par le juge pour décider s’il retrouvera sa liberté pendant les procédures. Il reviendra donc au palais de justice de Trois-Rivières le 7 février prochain.

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