La chasse de nouveau dans la mire

MAURICIE.  L’intérêt pour les formations liées aux armes à feu ne cesse de croître en Mauricie, porté par un engouement renouvelé pour la chasse et les activités de plein air.

En 2025, 1793 personnes ont suivi une formation offerte par Sécurité nature, la filiale éducative de la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs, un sommet régional qui s’inscrit dans une année record à l’échelle du Québec, avec près de 63 000 participants formés.

Derrière ces chiffres, un phénomène bien concret se dessine: les cours se remplissent à une vitesse rarement vue.

“On ouvre un cours, puis en moins d’une semaine, il est plein”, observe Richard Blais, responsable de la formation des moniteurs en Mauricie. Moniteur depuis 23 ans, celui-ci constate une hausse marquée de la demande, particulièrement pour le Cours canadien de sécurité dans le maniement des armes à feu, offert en classe.

Des salles pleines… et plus de cours

En 2025, 478 personnes ont suivi cette formation en présentiel dans la région, réparties sur 20 séances données par 13 moniteurs bénévoles. Un volume qui témoigne d’un changement de rythme. On note 9 cours donnés à Trois-Rivières à 220 personnes, 7 cours donnés à La Tuque à 143 personnes, et 5 cours donnés à Saint-Tite à 115 personnes.

À titre d’exemple, à La Tuque, le nombre de formations a tout simplement doublé en peu de temps.

“Avant, on donnait trois ou quatre cours par année. Là, on est rendus à huit. C’est quasiment non-stop”, illustre M. Blais.

Cette popularité s’explique en partie par l’accessibilité accrue des formations, mais surtout par un intérêt grandissant pour la chasse elle-même.

La chasse, moteur principal

Pour Richard Blais, il ne fait aucun doute: cette hausse est directement liée à l’attrait pour la chasse.

“Les gens veulent aller à la chasse. On l’entend souvent: la viande est naturelle, non transformée. Le côté “bio” revient beaucoup”, souligne-t-il.

Le contexte économique jouerait également un rôle. Sans être une activité bon marché, la chasse est perçue par certains comme une façon de réduire les coûts alimentaires, tout en pratiquant une activité de plein air.

À cela s’ajoutent d’autres facteurs, comme la proximité accrue de certaines espèces, notamment le cerf de Virginie, ou encore l’augmentation des populations de dindons sauvages dans le sud de la région.

Un profil de participants en mutation

Au-delà du nombre, le profil des participants évolue aussi. Longtemps dominés par les hommes, les cours attirent aujourd’hui une clientèle plus diversifiée.

En Mauricie, les femmes représentent désormais 36% des participants aux formations en maniement d’armes à feu, une progression notable selon le formateur.

“La chasse, ce n’est plus une activité de gars. C’est devenu familial”, résume-t-il.

Du côté des formations en ligne – qui incluent notamment l’initiation à la chasse avec arme à feu ou à l’arc -, les femmes comptent pour près de 32 % des inscriptions dans la région, un taux supérieur à la moyenne provinciale.

Les jeunes sont toutefois un peu moins nombreux qu’ailleurs au Québec, représentant 18% des participants contre 23% à l’échelle provinciale. À l’inverse, de plus en plus de retraités franchissent le pas, une tendance qui surprend même les formateurs.

Une relève encouragée

Selon Sécurité nature, ces résultats confirment la pertinence de sa mission éducative. En Mauricie, pas moins de 1315 personnes ont suivi une formation en ligne en 2025, soit environ 4,1 % du total provincial.

Sur le terrain, l’implication d’organismes locaux et d’associations joue également un rôle clé dans l’initiation à la chasse et à la pêche.

“On est très bien servis en Mauricie. Il y a beaucoup d’initiatives pour faire découvrir ces activités-là”, souligne M. Blais, qui s’implique aussi dans des projets de relève.

Une pratique mieux encadrée

Si l’engouement est réel, les acteurs du milieu insistent sur l’importance de la formation pour assurer une pratique sécuritaire.

Au fil des ans, les cours ont d’ailleurs évolué pour accorder davantage de place à la manipulation sécuritaire, à l’entreposage des armes et aux bonnes pratiques.

“Le cours s’est beaucoup amélioré. On met énormément l’accent sur la sécurité”, note Richard Blais.