Hausse des coûts liés aux services de la Sûreté du Québec

Hausse des coûts liés aux services de la Sûreté du Québec
Les maires de la région notent une diminution de la présence policière dans plusieurs municipalités.

POLICE. À l’instar de plusieurs autres municipalités du Québec, celles de la MRC de Maskinongé ont vu gonfler leur facture liée aux services rendus par la Sûreté du Québec. En moyenne, les municipalités ont subi une majoration de 7 % des coûts associés à la desserte policière dans la région. Les municipalités de Saint-Léon-le-Grand, Saint-Justin et Saint-Paulin obtiennent les plus importantes hausses avec respectivement 15,09 %, 10,69 % et 9,98 %. En 2017, la facture totale de la Sûreté du Québec s’élevait à 3 067 977 $ pour tout le territoire de la MRC de Maskinongé en considérant l’aide financière octroyée par le ministère des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire du Québec (MAMOT). Cette année, la facture s’élève plutôt à 3 257 235 $. N’eût été de l’aide financière accordée par le MAMOT à chacune des municipalités, la facture globale s’élèverait à 3 477 224 $. Le président du Comité de sécurité publique (CSP) de la MRC de Maskinongé et maire de Saint-Alexis-des-Monts, Michel Bourassa, ne cache pas qu’il s’agit d’une augmentation importante avec laquelle doivent composer les municipalités de la région. «On ne s’attendait pas à avoir une facture aussi élevée. Ça représente un gros montant dans le budget de plusieurs municipalités. Maintenant, je veux évaluer le taux de satisfaction des maires parce qu’on remarque une diminution de la présence policière et il y a moins de contraventions remises. C’est ce qui nous interpelle présentement. On veut évidemment en avoir pour notre argent», explique-t-il. La richesse foncière uniformisée (RFU) des deux dernières années, le taux de population et le coût moyen d’un policier sont des facteurs à considérer dans le calcul tarifaire de la Sûreté du Québec. Présence policière La présence policière dans les municipalités de la région soulève des questions chez plusieurs maires. Même s’il estime que dans sa municipalité, à Saint-Alexis-des-Monts, la présence des policiers est satisfaisante, M. Bourassa note tout de même une diminution. «Chez nous, on voit que la Sûreté du Québec ne nous a pas oubliés. Il y a toujours un poste satellite. Les policiers sont présents en véhicule tout-terrain, en motoneige et en patrouille nautique. Il y a 1 200 km² à couvrir à Saint-Alexis. Il y a de l’activité et donc il y a une bonne prévention à faire», confie Michel Bourassa. «En général, je sais que les maires ont remarqué une diminution chez eux. Ça touche souvent les municipalités plus éloignées du poste de police. On va se pencher là-dessus et je vais poser des questions». Considérant que la Sûreté du Québec a procédé à une importante restructuration dernièrement et a fait l’ajout d’une charge de travail supplémentaire aux postes locaux avec la couverture des autoroutes de la région sans ajouter, nous dit-on, d’effectifs supplémentaires, la MRC de Maskinongé ne se dit pas inquiète des services offerts. Elle croit que la direction policière du territoire est sensible à cette réalité. «Le capitaine Mailhot collabore beaucoup avec nous. La criminalité est très basse et elle est toujours en baisse dans la MRC. Ça, c’est positif, mais il ne faut pas se baser là-dessus pour diminuer les services», convient M. Bourassa. 50 % moins de contraventions La MRC de Maskinongé remarque, depuis deux ans, une baisse considérable de 50 % des contraventions remises par les policiers de la Sûreté du Québec sur l’ensemble de son territoire. «C’est énorme! La diminution des contraventions, on associe ça à la diminution de la présence des policiers sur nos routes. On a su qu’il y a beaucoup de congés de maladie, il y a des policiers en retrait préventif et il y avait aussi des moyens de pression en lien avec le renouvellement de la convention collective. La SQ doit naviguer à travers tout ça», souligne le président du Comité de sécurité publique. Les municipalités de la région ont aussi constaté un important mouvement de personnel dernièrement avec le programme des policiers-parrains. «Chaque municipalité a un policier-parrain qui lui est attribué. Il y a eu plusieurs changements. Il y a aussi eu du mouvement dans nos rencontres du CSP. On a vécu de l’intérim au niveau de la direction de la police. Il y a eu de l’instabilité dernièrement, mais la Sûreté du Québec se fait rassurante que tout va rentrer dans l’ordre». Michel Bourassa précise toutefois que, d’après ses observations, tous les changements liés à la restructuration de la Sûreté du Québec n’ont heureusement pas affecté la réponse policière aux appels d’urgence qu’il juge bonne. Par ailleurs, selon des informations obtenues par l’Écho de Maskinongé, la Sûreté du Québec prévoirait ajouter de nouveaux effectifs au poste de la MRC de Maskinongé lors des prochaines semaines. Ces informations ont été confirmées par le corps policier qui indique que quatre recrues se joindront à l’équipe et trois policiers seront de retour en service. Le saviez-vous? Les municipalités assument 53 % des coûts attribuables aux services de la Sûreté du Québec alors que le gouvernement provincial se charge de l’autre partie, soit 47 %. Temps supplémentaire 883 883 heures de temps supplémentaire ont été effectuées pour supporter les opérations de la MRC de Maskinongé pour la période de décembre et de janvier. Suivez Pier-Olivier Gagnon sur Twitter: @POGagnon

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Michel Gobeil
Michel Gobeil
4 années

Ce n’est peut-être pas pertinent d’évaluer la présence policière sur les routes en vertu du nombre de contraventions. Les policiers sont quand même sur la route; mais comme ils sont débordés par des appels prioritaires comme un accident, une violence conjugale, un chicane de voisins, un vol qualifié; toutes des opérations qui ne donnent pas lieu à des contraventions, ils ont une journée bien remplie et n’ont plus de temps pour le Code de la sécurité roturière.

Le mot « restructuration » remplace ce qui était autrefois le vilain mot « coupure » mais les effets sont les mêmes. Il suffit d’en parler avec les villes qui avaient jadis un corps de police municipal. « La SQ se fait rassurante »: Ses cadres ont le mandat politique de le faire, à tort ou à raison. Comme tous les ministres de la santé l’ont fait ces 30 dernières années, et regardez où nous en sommes!

Les élus devraient consulter leur population au lieu de se consulter entre eux, afin savoir si les contribuables souhaitent payer davantage pour plus de services, ou s’ils préfèrent continuer vers une dégradation de ces derniers; comme dans le système de santé.