Grève du milieu communautaire: “On est à bout mais on n’est pas à genoux”  

SOLIDARITÉ. La première journée du mouvement de grève du milieu communautaire a réuni lundi quelques centaines de salariés et sympathisants provenant de toutes les régions de la Mauricie dans le stationnement face au Marché public de Shawinigan.

Suivie par 115 organismes et en vigueur jusqu’au 24 octobre, cette grève, totale dans certains cas et partielle pour assurer le minimum de services dans d’autres, vise à exiger du gouvernement qu’il finance adéquatement les organismes communautaires et reconnaisse leur rôle essentiel dans le maintien du tissu social.

Sous un chapiteau rempli au maximum de sa capacité, les deux porte-paroles du mouvement Le communautaire à boutte!, Caroline Chartier et Mathieu Gélinas, ont pris la parole sous les chaleureux applaudissements de l’assistance.

“Aujourd’hui, ce qu’on dit haut et fort, c’est que le communautaire est essentiel, mais il est épuisé, sous-financé et trop souvent ignoré. Nos organismes tiennent grâce à la passion, au dévouement et à la résilience des travailleuses et des travailleurs du milieu. Mais la passion, ça ne paye pas l’épicerie. La vocation, ça ne remplace pas un salaire décent. Et la résilience, elle a aussi ses limites. Nos revendications sont très claires. Un meilleur financement à la mission globale de nos organismes, des conditions de travail humaines, stables et équitables, la reconnaissance réelle du rôle fondamental que nous jouons dans le filet social du Québec. On est à bout mais on n’est pas à genoux”, a clamé la directrice adjointe du Centre Roland-Bertrand.

Plus incisif, le directeur général du Centre d’action bénévole Trait d’Union a pour sa part interpellé le gouvernement Legault. “Ça fait des années qu’on est sous-financé. Oui, la CAQ en a donné un petit peu plus dans les dernières années. Il y avait du rattrapage à faire. Mais ce n’est pas encore suffisant. C’est juste du rattrapage. Les enjeux, on les vit. Parce qu’on parle tout le temps d’économie, d’économie, d’économie. C’était comme si c’était la seule fierté au Québec. Et pourtant, on sait que le communautaire fait partie du développement de nos communautés.”

Mathieu Gélinas a déploré la réponse de la ministre Chantale Rouleau soutenant que le financement était suffisant. “Elle dit qu’elle nous en a donné assez. C’est 2,2 milliards qu’elle a donné pour 4 000 groupes communautaires. Et pour le gouvernement de la CAQ, c’est suffisant. Ça, c’est le budget du CIUSSS MCQ total de 2,2 milliards. Et nous, on se partage ça pour 4 000 groupes communautaires.”

Marie-Louise Tardif présente

Les organisateurs du mouvement de grève avaient invité tous les députés provinciaux de la région, mais seule la représentante de Laviolette – Saint-Maurice était présente. “Marie-Louise, je te regarde. J’ai beaucoup d’affection pour toi. Je te trouve très courageuse parce que tous tes collègues de la région ont décliné l’invitation aujourd’hui. Je sais que tu crois au communautaire, mais le silence de tous les députés, de Simon Allaire, de Sonia Lebel, de Jean Boulry, de Donald Martel, zéro signal. Pour nous, c’est un manque flagrant de respect envers le travail du communautaire”, a déclaré Mathieu Gélinas en invitant la députée à devenir le porte-voix du milieu communautaire auprès du premier ministre Legault.

À titre d’exemple de sous-financement, les organisateurs du mouvement Le communautaire à boutte! estiment qu’il manque 98 millions$, dont 11 millions$ seulement pour Shawinigan, pour assurer des conditions de travail décentes et maintenir des services essentiels à la population dans la région Mauricie/Centre-du-Québec.

Rappelons qu’une marche de solidarité prendra le départ mercredi vers 13h du stationnement face au marché public en direction du bureau de Marie-Louise Tardif, sur l’avenue de la Station. Enfin, vendredi 24 octobre, le milieu communautaire régionale tiendra une cérémonie funèbre symbolique devant l’Assemblée nationale à Québec.