Gravir le silence: une œuvre menée par une artiste de Maskinongé qui vient en aide aux femmes

Daniel Birru dbirru@lechodemaskinonge.ca

Gravir le silence: une œuvre menée par une artiste de Maskinongé qui vient en aide aux femmes
Roxane Campeau, artiste. (Photo : (Photo Marie-Eve Alarie))

ARTS. Parmi les projets retenus par le Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ) dans le cadre du troisième appel à projets du Programme de partenariat territorial de la Mauricie, la MRC de Maskinongé a tenu à souligner ceux qui ont été sélectionnés sur son territoire, dont celui de Roxane Campeau. L’artiste de Maskinongé explique qu’elle a vraiment hâte d’entamer les premières étapes de son projet.

Avec son œuvre Gravir le silence, Roxane Campeau avait au départ envie de rassembler des femmes qui ont vécu des violences sexuelles autour de l’atelier d’écriture. À partir de ces rencontres, elle et l’auteure Diane Longpré, une bonne amie de Mme Campeau, travailleront en collaboration pour créer 26 mosaïques intégrant des frappes de dactylo. L’œuvre sera présentée sous forme d’abécédaire, et contiendra donc un texte et une mosaïque pour chaque lettre de l’alphabet.

« On va offrir trois ateliers d’écriture explorant différents sujets qui tournent autour de la violence sexuelle qu’elles ont vécu, des abus, les traumas, en respectant des limites de ces femmes-là, en étant bien accompagnées, parce qu’on s’entend que ça peut être très confrontant d’aller jouer là-dedans, » explique la mosaïste.

Le côté mosaïque du projet intégrera également des frappes de dactylo, pour tenter d’éveiller le côté littéraire des participantes. Les deux instigatrices de ce projet recevront également le soutien du CALACS au cours de leur intervention pour accompagner les femmes à travers ce processus. Le titre de l’œuvre se veut métaphorique pour représenter la montagne qui se présente devant celles qui vivent une expérience traumatisante.

« On a eu envie de faire une première exposition en nature aussi pour complémenter cette métaphore-là, et l’exposition va ensuite voyager pour être accessible à tout le monde, jusqu’en mai 2023. On a envie de faire voyager cette expo-là dans des centres de femmes, des CALACS, mais aussi dans des centres de femmes plus conventionnels, » soutient Roxane Campeau.

De nombreux matériaux seront utilisés

Chacun des matériaux utilisés dans le projet auront tous une représentation envers un élément vécu par les participantes. Les frappes de dactylo, par exemple, feront allusion au trauma et à l’aspect littéraire, et représenteront aussi l’encrage horizontal. « J’aime la matière qui a un vécu, qui s’est inscrit dans le temps, et qui a déjà une histoire à soi, et à partir de ça, l’intégrer et raconter autre chose. Et c’est ça qui m’excite, dans mon travail », raconte Mme Campeau. Le reste des matériaux reste encore à voir, selon l’avancement du projet dans les prochains mois.

Gravir le silence recevra un soutien financier de 17 000 $ de la part du CALQ. L’artiste mise grandement sur une bonification de la création avec cette somme, mentionnant qu’elle compte maintenant se consacrer à la création de ce projet pour les prochains mois. Cette contribution aidera à assurer la quasi-totalité des dépenses lors du projet.

 » Ce sont des projets qui sont nécessaires, que les femmes aient une prise de parole, ce sont des choses qui doivent se faire, et c’est difficile. On a eu des témoignages de femmes qui ont vécu des traumas, et c’est très touchant,  » conclut Roxane Campeau.

Les dates et les sites d’exposition des œuvres peuvent se trouver sur le site web de l’artiste, de même que sur sa page Facebook

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