Garnotte Café: pour l’amour du café
SAINT-ALEXIS-DES-MONTS. C’est dans sa petite roulotte Boler entièrement restaurée et repeinte en rouge que Daphnée Meilleur sert aux Aleximontois des cafés préparés avec beaucoup d’amour et d’expertise. Avec les arômes de café qui émanent de sa vieille machine à espresso Elektra de 1998 et la vue sur le lac Saint-Alexis, les matins prendront un tout autre sens durant la saison estivale au Garnotte Café.
Avec des parents restaurateurs, tout était en place pour que Daphnée développe une passion dans le domaine. C’est le café qui l’aura finalement charmée. “Je me rappelle que quand j’étais petite, j’achalais toujours mon père pour avoir le fond de son café, parce que je trouvais trop que ça sentait bon”, lance-t-elle. Plusieurs années après sa première gorgée de café, elle participe à l’ouverture de plusieurs cafés, boulangeries et restaurants aux côtés d’un ami entrepreneur, ce qui lui permet de découvrir l’univers du café de spécialité. “J’ai découvert un univers plus technique que je pensais. Le café, c’est un peu comme le vin. Il y a plusieurs variétés, plusieurs façons de le travailler”, explique-t-elle.
Puis, il y a un an et demi, elle prend la décision de s’installer à Saint-Alexis-des-Monts avec son amoureux, Philippe Marcotte, qui y vit déjà depuis quelques années. Il manque toutefois quelque chose de vital pour elle au village : un café. Ça tombe bien, car elle songeait déjà depuis longtemps à ouvrir son propre commerce.
Comme les locaux commerciaux se font rares à Saint-Alexis-des-Monts, Daphnée et Philippe décident de restaurer une vieille roulotte Boler en fibre de verre qu’ils avaient déjà en leur possession. Dans un état que Daphnée qualifie de ” lamentable “, la roulotte présentait plusieurs fissures dans la coque, un intérieur complètement dépouillé et une structure de porte endommagée par l’infiltration d’eau. “Il fallait mettre beaucoup d’amour dessus pour que ce soit fonctionnel”, raconte l’entrepreneure.
S’en est suivi quatre semaines de restauration intensive. “On faisait des journées de 12 à 16 heures. On travaillait là-dessus sans arrêt”, révèle Daphnée. Le couple a entièrement refait la structure intérieure, réparé la fibre de verre, ajouté une isolation en laine de mouton et de yak, fabriqué de grandes fenêtres en plexiglas, installé la plomberie et l’électricité, confectionné les comptoirs ainsi que plusieurs éléments décoratifs. Soucieux de limiter les dépenses et le gaspillage, ils ont réutilisé le plus de matériaux possible. “Elle n’est pas parfaite, mais elle a vraiment son charme”, assure Daphnée.
Le souci de récupération ne s’est pas arrêté à la roulotte. Le couple a également remis en état une vieille machine à espresso Elektra datant de 1998, achetée usagée, à la suite d’un coup de coeur. Grâce aux connaissances de Philippe Marcotte en plomberie et en électricité, plusieurs pièces ont été restaurées ou récupérées sur une seconde machine hors d’usage. “Une bonne machine peut coûter plus de 15 000 $. Restaurer et recycler des choses qu’on a déjà, c’est une manière de faire attention à notre argent”, souligne Daphnée.
Au Garnotte Café, les clients retrouvent des cafés préparés avec des grains du torréfacteur montréalais Jungle, des viennoiseries provenant de la boulangerie Le Panetier ainsi que plusieurs recettes de sirops maison, ce qui lui permet de s’amuser et de varier le menu. Parmi les boissons les plus populaires figure notamment le matcha latté à la framboise, garni d’une mousse à la guimauve.
Au-delà des boissons qu’elle sert, Daphnée souhaite surtout offrir une expérience chaleureuse à chacun de ses visiteurs. “Je donne une attention particulière à chacun de mes clients. Je me suis toujours donnée comme si c’étaient mes entreprises, même quand ce ne l’était pas.”
L’accueil réservé par la population de Saint-Alexis-des-Monts lui confirme qu’elle a fait le bon choix. “Les gens ont été tellement gentils et tellement accueillants. Ça vaut vraiment tout le travail accompli.”
Si Garnotte Café est officiellement son projet, Daphnée tient toutefois à rappeler qu’il s’agit avant tout d’une aventure familiale. “Je suis souvent la personne qui reçoit les mercis, mais il y a beaucoup de choses que mon copain Philippe a faites. Je pense que c’est vraiment important qu’il soit souligné.” Elle souligne également la patience et l’implication de la fille de celui-ci, âgée de 10 ans, qui a suivi de près les travaux tout au long de cette aventure!
