En « mission de paix » à l’étranger

Daniel Birru
dbirru@lechodemaskinonge.ca

En « mission de paix » à l’étranger
La sergente Julie Grimard, qui vient d'effectuer une mission de formation en Afrique et en Europe. (Photo : L'Écho : Daniel Birru)

POLICE. Fraîchement de retour d’un important voyage à l’étranger, la sergente de la Sûreté du Québec (SQ) basée à Louiseville, Julie Grimard, a connu toute une expérience professionnelle au cours des derniers mois. Elle partage maintenant le déroulement de la formation qu’elle a donné dans sept pays en Afrique et en Europe, un projet dans lequel elle s’est beaucoup investie.

De retour au Québec depuis la fin mai, la sergente Grimard a effectué ce qu’elle appelle une « mission de paix » avec les Nations Unies, pour une durée totale de 17 mois. Elle a fait partie du programme de l’Institut des Nations Unies pour la recherche et la formation (UNITAR, qui utilise un acronyme anglophone) et a été sélectionnée en raison de son métier de policière. Basée à Genève, en Suisse, Julie Grimard a été affectée à la sphère des opérations de maintien de la paix, dans le cadre duquel elle a été appelée à offrir des formations aux policiers et aux agents de la paix au Mali, ou elle a passé le plus de temps. Elle a aussi été au Sénégal, au Rwanda, en Ouganda, en Italie, en Suède et aux Pays-Bas.

« J’ai toujours aimé les voyages, dit d’emblée la sergente Grimard sur son intérêt envers la mission. Je voulais vraiment avoir une expérience internationale, je voulais côtoyer des gens de partout dans le monde, tout en essayant d’enrichir mes collègues du côté de l’Afrique, avec les compétences qu’on a développées ici au Québec. On a forcément des formations un peu plus développées au Canada que là-bas. »

Des mesures pour protéger les électeurs

La sergente Grimard a surtout axé son travail sur la protection des électeurs, notamment au Mali, loin d’être un pays démocratique. Et elle en a vu de toutes les couleurs dans ce pays d’Afrique de l’ouest : deux coups d’état ont eu lieu durant sa présence, où l’armée prend le contrôle du pays. Elle a dû faire face à des événements comme des attaques envers les bureaux de vote, des attaques envers des gens qui transportent des boîtes contenant des bulletins de vote et des menaces d’incendies de village, s’ils vont voter. Elle a donc travaillé pour mettre en place des stratégies pour prévenir ce genre de climat politique.

Là-bas, la démocratie n’est pas tout à fait présente

– Sergente Julie Grimard

C’est aujourd’hui un grand sentiment d’accomplissement qui occupe la sergente Grimard. Elle sent vraiment qu’elle a pu faire œuvre utile en travaillant à l’étranger ce dont elle est très fière. Cependant, elle n’a pas pu donner toutes les formations qu’elle aurait souhaité, pour des raisons de sécurité.

« J’ai été assignée à différents projets au cours de mon année et demi avec UNITAR, et j’ai développée des formations au niveau de la sécurité des élections au Mali. Après avoir donné la formation là-bas, on a formé des formateurs pour se rendre en région, parce qu’au niveau sécuritaire, c’était plus difficile pour moi de m’y rendre. […] Reste que le Mali, c’est vraiment un pays qui est très dangereux, surtout pour les femmes occidentales, alors il fallait tout le temps être en mode vigilance, il a fallu prendre des mesures tous les jours, dans tous nos déplacements, à l’aéroport, à l’hôtel, etc. C’est un contexte que je connaissais moins, » dit-elle.

Un choc de culture total

À part de sa mission, Julie Grimard admet avoir été totalement dépaysée lorsqu’elle était à l’étranger. Celle qui a l’habitude de profiter de ses voyages a cette fois-ci été plutôt confronté à la réalité que vivent les résidents locaux des différents pays, ce qui a constitué pour elle un réel choc de culture. Elle va certainement retenir de ce voyage la réalité que vivent ces gens dans différentes sphères de la vie, et le besoin pour les occidentaux de venir en aide aux pays du tiers-monde.

En octobre, Julie Grimard prendra la route vers la Suède, où elle mènera une autre formation. Celle-ci se concentrera sur le pré-déploiement pour agents correctionnels, qu’elle étalera sur une période de trois semaines. Il s’agira cette fois-ci d’une formation axée sur les normes de détention reconnues à l’international. Il s’agira de la troisième fois qu’elle donnera cette formation.

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