Économie circulaire: les bonnes pratiques regroupées dans un recueil

Économie circulaire: les bonnes pratiques regroupées dans un recueil
Recueil des bonnes pratiques en économie circulaire (Photo : courtoisie)

ENVIRONNEMENT. Visant à encourager les entreprises à intégrer ce modèle, l’équipe d’Environnement Mauricie lance son Recueil des bonnes pratiques en économie circulaire 2022, dans lequel elle présente 16 exemples d’entreprises locales qui font partie des pionnières dans le domaine.

« Dans le cadre de notre projet Économie circulaire Mauricie +, nous voulons encourager les entreprises à voir les matières résiduelles comme des ressources qui ont encore une valeur, puis nous travaillons pour créer un réseau d’échange pour que les déchets des uns puissent devenir les ressources des autres », explique d’entrée de jeu la directrice générale d’Environnement Mauricie, Lauréanne Daneau.

Disponible sur le site www.environnementmauricie.com, le Recueil dresse un portrait d’entreprises actives à Trois-Rivières, La Tuque, Shawinigan, Maskinongé, des Chenaux, Mékinac et Portneuf qui font preuve d’innovation par la diversité des actions qu’elles ont mise en place avec le temps.

Par exemple, chez Soleno recyclage, à Yamachiche, on a beaucoup investi en recherche et développement pour la valorisation des plastiques résiduels. « En maximisant l’utilisation des matières recyclées dans nos activités manufacturières, nous sommes fiers de notre modèle d’affaires centré sur l’économie circulaire qui contribue de façon tangible à l’amélioration de notre collectivité sur les plans économique et environnemental », partage le président de Soleno Alain Poirier.

Du côté de l’entreprise Patates Dolbec, « l’économie circulaire est l’occasion de donner une deuxième vie, une belle valeur ajoutée, à un produit qu’on aurait pu mettre de côté tout simplement. Patates Dolbec a vu l’opportunité de transformer ses pommes de terre au look imparfait, mais au goût parfait, en vodka 100 % patate! », affirme Jessie Lachance.

Trop de matières valorisables envoyées à l’élimination

Le président d’Énercycle, Michel Angers, estime que les lieux d’enfouissement techniques ont leur raison d’être pour traiter les résidus ultimes de façon sécuritaire, mais que trop de matières valorisables sont encore envoyées à l’élimination alors qu’il existe de bien meilleures options.

« Énercycle, fier partenaire de la démarche d’économie circulaire ECM+, invite les entreprises à reconsidérer la valeur de leur déchet. Jeter comme s’il n’y avait pas de lendemain n’est pas une option dans un monde que nous souhaitons durables pour les générations qui sous suivront », conclut-il.

On sait que depuis 2019, l’équipe d’Environnement Mauricie offre un service pour accompagner les entreprises à intégrer l’économie circulaire dans leurs pratiques d’affaires afin de les rendre plus performantes, réduire la quantité de matières destinées à l’enfouissement et diminuer les émissions de gaz à effet de serre. Pour ce faire, les conseillers en économie circulaire recrutent des entreprises, évaluent leur potentiel puis cherchent à les mailler avec d’autres entreprises compatibles. Le but étant de créer un réseau d’échanges de matières résiduelles local. Près de 70 entreprises se sont jointes à la démarche. Pour y adhérer, il suffit de contacter Environnement Mauricie.

Soulignons que la réalisation du Recueil des bonnes pratiques en économie circulaire 2022 a été rendue possible grâce à une aide financière de 240 000$ de Recyc-Québec dans le cadre de la seconde édition de l’appel de proposition pour la transition vers l’économie circulaire, octroyée à l’initiative Économie circulaire Mauricie +, un projet Mauricie soutenu par le ministère des Affaires municipales et de l’Habitation par le biais du Soutien au rayonnement des régions du Fonds régions et ruralité.

« Je suis fier que notre gouvernement contribue à cette initiative qui mettra en lumière l’ingéniosité des entrepreneurs de la région! J’espère que les moyens qu’ils ont trouvés pour réduire l’enfouissement sauront en inspirer d’autres. C’est toute la communauté qui profitera d’un environnement plus sain grâce à l’optimisation de l’utilisation des ressources « , souligne Jean Boulet, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale et ministre responsable de la région de la Mauricie, au nom d’Andrée Laforest, ministre des Affaires municipales et de l’Habitation.

 

Le modèle d’économie circulaire

Selon le modèle économique linéaire dominant, les ressources naturelles sont extraites, transformées, consommées, puis jetées. La quantité de déchets générés par ce mode de production, puis l’épuisement des ressources nécessitent un changement de modèle.

L’économie circulaire propose plutôt d’optimiser l’utilisation des ressources et réintégrant les composantes dans de nouvelles chaînes de production pour jeter et gaspiller le moins possible. Selon le Rapport sur l’indice de circularité de l’économie du Québec, seulement 3,5% de l’économie est circulaire contre 96 % linéaire. Le potentiel est donc énorme et la transition vers ce modèle est incontournable.

« L’économie circulaire est un modèle d’avenir qui démontre déjà des résultats sur le terrain et une invitation aux entreprises, aux citoyens, aux organismes et aux institutions à repenser les modes de consommation et de production, afin de faire un contrepoids au modèle d’économie linéaire et contribuer à la lutte contre les changements climatiques, estime la présidente-directrice générale de Recyc-Québec, Sonia Gagné. En investissant l’ensemble des douze stratégies d’économie circulaire, on peut arriver à faire autrement et à faire mieux, pour une société sans gaspillage. »

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