Des légumes exotiques cultivés à Louiseville depuis 10 ans

Daniel Birru
dbirru@lechodemaskinonge.ca

Des légumes exotiques cultivés à Louiseville depuis 10 ans
Paterne Mirindi cultive des légumes exotiques à Louiseville depuis maintenant dix ans. (Photo : L'Écho: Daniel Birru.)

AGRICULTURE. Paterne ­Mirindi célèbre cette année la dixième saison du projet de légumes exotiques de ­Louiseville, qui se spécialise dans la production de légumes africains.

Un accomplissement important pour M. Mirindi, qui arrive ainsi à fournir des aliments de son pays d’origine à une clientèle québécoise.

Installé à ­Louiseville depuis 2013, M. Mirindi, originaire du ­Congo, s’est demandé dès son arrivée pourquoi les consommateurs québécois ont toujours eu tendance à importer des légumes d’Afrique, alors qu’ils peuvent en développer sur place. Après avoir tâté le terrain un peu, il a constaté qu’il y avait effectivement un important intérêt envers des légumes d’­outre-mer, au ­Québec.

«  ­Dès le départ, on a trouvé que ces légumes n’étaient pas présents ici au ­Québec. On voulait tester la production, ce qu’on a fait. Actuellement, ça évolue très bien. Il y a tellement d’intérêt, d’abord de la part d’immigrants qui connaissent bien ces légumes et qui viennent soit d’Afrique ou de pays tropicaux  », explique M. Mirindi, qui est également le directeur général du ­Groupement volontaire pour le développement rural durable ­Nord-Sud (GVDRD ­Nord-Sud), organisme qui chapeaute le projet agricole de légumes exotiques.

On peut retrouver notamment des aubergines, de l’amarante, de l’oseille et des courges dans la ferme du ­GVDRD. Plusieurs immigrants, dit ­Paterne ­Mirindi, reçoivent un choc alimentaire à leur arrivée au ­Québec, eux qui ne savent pas toujours à quoi s’attendre, côté alimentation. Il soutient que la culture de ces aliments suscite de fait un intérêt important auprès d’eux, qui ne se retrouvent pas aussi dépaysés lorsqu’ils voient qu’ils peuvent manger des légumes identiques à ceux de chez eux. Selon lui, c’est ce qui aide à empêcher le développement d’une certaine nostalgie, pour ces immigrants. Il arrive à mobiliser plusieurs familles à travers ce projet. 

Une bonne production en dix ans d’existence

Côté production, l’agriculteur constate une très belle évolution, au cours des dix dernières années. Après avoir fait des études, son équipe et lui ont pu s’assurer que les légumes s’adaptent au climat canadien. «  ­On a bon nombre de légumes qui s’adaptent au climat canadien. Ils sont devenus des légumes québécois par définition, vu qu’on célèbre déjà les dix ans d’existence du projet.  »

En partenariat avec les ­Jardins ­Ricard, le ­GVDRD ­Nord-Sud a également mis au point un programme d’initiation aux légumes africains, offert à toute la population. M. Mirindi dit avoir organisé différentes activités de dégustation et de visites au champ, dans lesquelles le grand public est invité. Les kiosques sont encore ouverts à ce jour.

«  ­Les gens peuvent venir. Nous avons deux kiosques : le premier est un kiosque d’information, et le deuxième est un kiosque de dégustation. Même pendant le ­Festival de la galette de sarrasin, j’anime des kiosques, pour faire connaître aux gens l’existence de cette culture de légumes dans la ­MRC de ­Maskinongé,  » mentionne ­Paterne ­Mirindi.

«  ­On organise ce genre d’activité pour que les gens comprennent que ces légumes grandissent ici, dans la région, et que ce sont de très bons légumes.  »

Une production pendant l’hiver ?

Depuis les débuts du projet, M. Mirindi a toujours espéré pouvoir faire pousser des légumes à l’année longue. Cependant, il lui manque le financement pour installer une serre sur son terrain où il pourrait conserver les légumes durant l’hiver. Il dit qu’il souhaite voir ce financement arriver un jour, mais que pour l’instant, il fait avec les moyens qu’il a, durant la période qu’il peut le faire.

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