Deux Routes bleues pourraient voir le jour dans la MRC de Maskinongé
RÉGION. Les rivières du Loup et Maskinongé pourraient bientôt se dessiner sur la carte officielle des Routes bleues du Québec. Si les démarches s’avèrent positives, la MRC de Maskinongé pourrait devenir le premier territoire mauricien à accueillir des Routes bleues hors de Trois-Rivières.
L’initiative offrirait des parcours balisés, sécurisés et reconnus à l’échelle provinciale aux amateurs de canot, kayak et planche à pagaie. Toutefois, plusieurs étapes doivent encore être franchies avant qu’une désignation officielle puisse être accordée.
” La Route bleue, c’est un réseau de parcours pagaillables reconnu par le ministère de l’Éducation comme un réseau national, au même titre que la Route verte ou le Sentier national. Notre mandat est de développer des parcours standardisés et sécuritaires pour tous les niveaux, du débutant à l’expert”, explique Émilie Dubé, chargée de projet à La Route bleue.
Avant qu’une rivière puisse obtenir cette reconnaissance, elle doit faire l’objet d’une caractérisation complète menée par des spécialistes, chapeautée par Canoë-Kayak Québec. ” On envoie une équipe d’experts sur le terrain qui va parcourir chacune des sections pour évaluer les accès, la sécurité, les dangers potentiels, les obstacles, les problèmes d’érosion et même la qualité de l’eau. Ensuite, on réalise une cartographie détaillée afin de déterminer le niveau de difficulté de chaque tronçon. C’est ce qui permet d’offrir partout au Québec une expérience uniforme et fiable aux pagayeurs “, précise Mme Dubé.
La rivière du Loup est déjà rendue à cette étape. Quant à la rivière Maskinongé, sa caractérisation doit être réalisée au cours de la présente année. ” La rivière du Loup a été caractérisée dans les dernières semaines et la rivière Maskinongé suivra. Ensuite, nous remettrons un rapport complet aux porteurs de projet afin qu’ils puissent planifier les aménagements nécessaires. ” Dans le cas présent, le porteur de projet est la MRC de Maskinongé.
Selon Mme Dubé, pratiquement tous les cours d’eau peuvent aspirer à devenir une Route bleue, à condition de répondre à certains critères, que ce soit l’accessibilité ou la sécurité, par exemple. ” Dans certains cas, des améliorations ou des aménagements peuvent être nécessaires avant qu’un parcours puisse être reconnu officiellement “, précise la chargée de projet.
Structurer l’accès aux rivières
Pour la MRC de Maskinongé, en plus de faciliter le tourisme, l’obtention des Routes bleues permettrait de rendre la pratique des sports nautiques plus accessibles. ” On possède deux rivières qui sont très importantes, historiquement et encore aujourd’hui. Pourtant, ce n’est pas toujours évident pour quelqu’un de se dire spontanément : Je vais aller faire du canot ou du paddleboard sur la rivière“, explique Sébastien Langevin, coordonnateur au développement touristique et culturel de la MRC de Maskinongé.
Il estime que la mise en place éventuelle de Routes bleues permettrait de démocratiser davantage les activités nautiques sur le territoire. ” Les lacs occupent déjà une place importante dans l’offre de plein air de la MRC, particulièrement dans le nord. Mais les rivières du Loup et Maskinongé possèdent elles aussi un énorme potentiel pour le canot et le kayak. Si on peut mieux les faire connaître et encourager les citoyens ainsi que les visiteurs à les utiliser, ce sera très positif pour tout le territoire. “
Les premières Routes bleues de la Mauricie… ou presque
Actuellement, la Mauricie ne compte qu’un seul parcours officiellement intégré au réseau, soit celui aménagé sur la rivière Saint-Maurice à Trois-Rivières.
” Les rivières Maskinongé et du Loup sont les deux projets qui sont caractérisés cette année. On sent vraiment un engouement grandissant dans la région. Souvent, lorsqu’un premier projet voit le jour, il en inspire d’autres “, souligne Émilie Dubé.
Si les deux projets obtiennent finalement le feu vert, ils deviendraient ainsi les premières Routes bleues officiellement reconnues sur le territoire de la MRC de Maskinongé et les premières nouvelles à voir le jour en Mauricie depuis l’ajout du parcours trifluvien.
Les deux rivières offriraient des expériences distinctes aux pagayeurs. Du côté de la rivière du Loup, le potentiel est particulièrement varié. Plus d’une centaine de kilomètres auraient été analysés, allant de parcours en eau calme à des sections d’eau vive destinées aux amateurs de sensations fortes.
” On retrouve une grande diversité de parcours. Il y a des portions de canot-camping accessibles à tous, des sections sportives pour les kayakistes expérimentés, mais aussi des secteurs parfaits pour l’initiation. En descendant vers Saint-Alexis-des-Monts et Saint-Paulin, on découvre des paysages magnifiques où la forêt demeure très présente. On a vraiment l’impression d’être en pleine nature “, décrit Mme Dubé.
La rivière Maskinongé proposerait pour sa part une ambiance différente. ” On est davantage dans un paysage agricole, avec un cours d’eau profond et des points d’intérêt déjà appréciés des pêcheurs et des amateurs de plein air. Les deux rivières offriraient des expériences complémentaires : l’une plus forestière et sauvage, l’autre davantage ancrée dans le paysage rural de la plaine maskinongeoise “, résume M. Langevin.
Des aménagements encore à définir
La reconnaissance officielle dépendra des recommandations qui seront formulées dans les rapports de caractérisation. ” Nous attendons les rapports finaux de Canoë-Kayak Québec à l’automne. Ils nous indiqueront quels aménagements devraient être ajoutés ou améliorés. Il pourrait être question de quais, de descentes à l’eau, d’embarcadères ou encore d’affichage afin de bien identifier les accès et les points de sortie “, indique M. Langevin.
” Si les aménagements requis sont limités, on pourrait envisager une mise en place en 2027. Si davantage de travaux ou de financement sont nécessaires, l’échéancier pourrait s’étendre jusqu’en 2028 “, conclut le coordonnateur.
