Deux jeunes reprennent Chaussures Pop
LOUISEVILLE. Les entrepreneurs louisevillois Michaël Noël et Sébastien Roy ont repris l’entreprise Chaussure Pop de Louiseville le 1er octobre dernier, assurant ainsi la continuité d’un commerce bien établi depuis plus de trois décennies dans la communauté.
PAR FATOUMATA DAPA/ fdapa@icimedias.ca
Le commerce Chaussures Pop Louiseville a récemment changé de mains après 32 années sous la direction de Mireille Lemieux et Luc Marchand. Les nouveaux copropriétaires, Sébastien Roy et Michaël Noël, ont complété l’acquisition à l’automne dernier après plusieurs mois de démarches.
À l’origine, les deux entrepreneurs souhaitaient surtout investir dans l’immeuble commercial qui abrite déjà cinq logements et un local commercial. Toutefois, les exigences liées au financement ont mené à l’achat complet de l’entreprise.
“Au départ, moi et Sébastien, on voulait seulement acheter le bâtiment… puis avec toutes les démarches qu’on a faites, ça a été plus simple de tout racheter en même temps. Ça n’a pas été un long fleuve tranquille, disons”, mentionne Michaël Noël, présenté comme étant celui qui s’occupe de la gestion d’inventaire des commandes et des réseaux sociaux.
Pour Sébastien Roy, responsable de la comptabilité, des ventes et des RH, cette acquisition représentait aussi l’occasion de devenir son propre patron après plusieurs expériences professionnelles. “Ça faisait plusieurs emplois que je demandais d’être gestionnaire… On ne me donnait jamais l’occasion. Je me suis dit, c’est correct, je vais être mon propre patron”, précise t-il en souriant.
La reprise s’est amorcée après une négociation entamée en décembre 2024 avec les anciens propriétaires. Les nouveaux entrepreneurs ont même participé à des achats de marchandises avant la transaction finale, une expérience qui a contribué à confirmer leur décision.
“Après une journée chez un fournisseur de souliers… ça l’a donné un élan à Sébastien de poursuivre. Ça l’avait tellement motivé. Et moi aussi, j’avais adoré ça comme expérience. Donc ça nous a lancés dans le bain”, explique M. Noël.
Selon eux, la décision de poursuivre l’aventure reposait non seulement sur une passion soudaine mais également sur l’importance du commerce pour la communauté locale.
“On a découvert une forme de passion et c’est encore présent. Je pense qu’on n’aurait pas acheté n’importe quel magasin de détails, je crois que les chaussures, nous touche. Parce que bon, premièrement, c’est le seul qu’on a dans la région, puis Mireille nous l’a dit: ‘Si ce n’était pas de vous, moi, je fermais, je liquidais, puis chaussures pop n’existerait plus’. Ah, mais non, on ne peut pas faire ça! Ça fait comme, si on achète tout, ça va maintenir. C’est un magasin qui est déjà bien placé. Ce n’est pas tant risqué que ça. On n’a rien à perdre à le faire, juste à gagner. Donc on s’est dit let’s go, on achète”, souligne Sébastien Roy, heureux de cette décision.
Depuis l’acquisition, les nouveaux propriétaires ont conservé l’ensemble des employés en place, un élément qu’ils jugent essentiel à la continuité des opérations. “On a gardé les mêmes employés. Tout le monde a décidé de continuer avec nous… Juste à deux, on ne réussirait pas à maintenir ça à flot.”
Des changements progressifs
Parmi les changements amorcés, l’équipe a notamment revu sa présence sur les réseaux sociaux et commencé à renouveler l’offre de produits. “On fait beaucoup plus de vidéos, souvent avec des sketchs… on a aussi un peu dissocié nos réseaux sociaux pour vraiment avoir la bonne clientèle pour le bon service”, affirme Mickaël Noël.
Du côté du Centre du travail associé à l’entreprise, de nouvelles lignes de vêtements ont été ajoutées afin de répondre à différents secteurs professionnels, dont celui de la construction et du milieu hospitalier. “On a rentré des nouvelles lignes de vêtements pour les travailleurs… On veut offrir les vêtements de sécurité pour les travailleurs ici de la région”, précise-t-il.
L’arrivée prochaine d’un nouvel inventaire devrait aussi marquer davantage l’identité des nouveaux propriétaires. “À l’automne, on devrait voir plutôt notre couleur au niveau des choix des produits des chaussures ici en magasin”, poursuit-il.
Les copropriétaires affirment également vouloir rajeunir progressivement l’image et l’offre du commerce. “On cherche un peu à rajeunir… on essaie de ramener quelque chose de nouveau justement”, admet M. Roy.
Maintenir un service local
Pour eux, le maintien des commerces locaux constitue un enjeu important pour les municipalités de taille moyenne. “Il y a beaucoup d’éléments qui sont en train de se vendre… Il faut encourager les jeunes à racheter ces magasins-là”, soutient Sébastien Roy.
Les deux entrepreneurs encouragent d’autres personnes intéressées par l’entrepreneuriat à se lancer dans des projets qui les motivent réellement. “Il faut ouvrir une entreprise dans un domaine qui te passionne… Ouvrir une entreprise pour ouvrir une entreprise, moi je le conseille pas”, poursuit le gestionnaire RH de Chaussures Pop.
Ils soulignent aussi l’importance de la persévérance dans un contexte où les démarches financières peuvent représenter un obstacle. “Il faut de l’optimisme et de la persévérance… il ne faut pas s’arrêter aux embûches. Le plus difficile, c’est toujours avec le financement… Mais, il faut essayer de trouver une façon de persévérer là-dedans”, mentionne Mickaël Noël.
De son côté, l’ancienne propriétaire Mireille Lemieux explique que la décision de vendre s’inscrivait dans une volonté de ralentir après plusieurs décennies en affaires. “On voulait profiter un peu… On aimait encore vraiment ça, mais rendu à notre âge, on s’est dit qu’on allait prendre une chance et mettre la compagnie en vente.”
Elle constate avec satisfaction l’évolution du commerce depuis la transition. “Ils ont vraiment fait du changement dans le magasin. C’est super beau… Ils ne lâchent pas.”
Et affirme avoir trouvé chez les nouveaux propriétaires des qualités qui lui ont inspiré confiance. “C’est des personnes très persévérantes, honnêtes, disciplinées… J’ai aucun regret d’avoir trouvé ces deux jeunes entrepreneurs. Je suis très fière de leur avoir laissé le flambeau” a-t-elle indiqué en entrevue.
