Des murales pour faire fleurir la mission du Centre
LOUISEVILLE. Ce qui était autrefois un simple mur vide est devenu une œuvre collective riche de sens. Le Centre des femmes l’Héritage a dévoilé, le 14 avril, deux murales issues du projet ” L’Héritage en images “, une initiative qui met en lumière la créativité, la force et l’engagement des femmes de la MRC de Maskinongé.
Né il y a plus de trois ans, le projet a finalement pris vie à l’automne 2025 grâce à la participation active des femmes du milieu et à la collaboration d’artistes professionnelles de la région. À l’origine, l’idée s’est imposée après d’importantes rénovations qui ont laissé place à un grand mur dégagé au sous-sol. L’équipe du Centre y a vu une occasion de traduire visuellement sa mission et de créer un espace à l’image des femmes qui le fréquentent.
La première murale prend racine dans une série d’ateliers de peinture animés par l’artiste Élisabeth Tremblay. À travers le projet Les fleurissantes, les participantes ont été invitées à explorer leur univers intérieur en créant chacune une fleur unique. ” La mission principale de l’atelier Les fleurissantes était de mettre en lumière le pouvoir de l’art comme forme de thérapie, du moment de création jusqu’à celui de contemplation, où l’on se reconnecte à son intention, à un profond sentiment de bien-être et d’appartenance “, explique-t-elle. Elle souligne avoir voulu offrir ” un espace doux et sécurisant pour explorer leur créativité, se déposer et s’exprimer librement, tout en développant leur technique artistique “.
En choisissant une fleur représentant leurs émotions et leur état d’esprit, les participantes ont donné vie à des œuvres personnelles et significatives. ” L’ensemble des créations a ensuite été réuni pour former une murale collective, véritable symbole de diversité, de force et de connexion entre les femmes “, ajoute l’artiste. Le résultat : une fresque où chaque contribution s’intègre dans un tout cohérent, à l’image de la communauté qu’elle représente.

L’artiste Élisabeth Tremblay. (Photo courtoisie)
La seconde murale propose une approche différente, mais tout aussi intime. Réalisée par l’artiste Mireille Lacombe, elle rend hommage aux femmes impliquées au sein du conseil d’administration du Centre. Inspirée d’un atelier d’art-thérapie, l’œuvre met en scène une figure féminine en mouvement, entourée de fleurs symbolisant chacune des membres.
Pour Mireille Lacombe, ce projet a représenté un véritable dépassement personnel. ” Je veux d’abord vous remercier de m’avoir permis de me dépasser dans ce projet-là. Honnêtement, je n’avais jamais fait quelque chose d’aussi gros. Pour moi, partager mon art est une partie d’intimité que je n’ai pas l’habitude de partager “, confie-t-elle. Touchée par la mission de l’organisme, elle a adapté sa démarche artistique en cours de route. ” Quand j’ai fait ce que j’appelle ma danse, parce que oui, elle est entourée des fleurs de toutes et chacune, parce qu’elle danse avec, elle les sème et, dans le fond, elle sème sa vie. Elle est heureuse, elle danse toutes ses couleurs et en même temps, elle sème elle-même. C’est là que je trouvais que ça rejoignait le partage de votre mission. “

L’artiste Mireille Lacombe. (Photo Stéphanie Paradis)
Au cœur du projet, la dimension humaine et collective demeure essentielle. Les murales ne sont pas seulement des œuvres décoratives : elles incarnent un processus de création partagé, où chaque femme a pu trouver sa place, s’exprimer et contribuer à quelque chose de plus grand qu’elle.
Le résultat dépasse d’ailleurs les attentes initiales de l’équipe. ” C’est au-delà de nos espérances. Vraiment, on est très heureuse parce que nous, on avait juste une demande, mais on n’avait pas d’idée précise en tête. Ce qui est ressorti sur les murs, c’est ce qu’on voyait quand même dans nos têtes “, souligne Dannie Lahaie, agente de développement au Centre des femmes l’Héritage.
Au-delà de l’esthétique, ” L’Héritage en images ” illustre le rôle de la culture comme levier de bien-être, d’expression et de sentiment d’appartenance. Le projet a permis de valoriser la créativité des femmes d’ici, d’offrir un espace artistique accessible et sécurisant, de soutenir des artistes professionnelles de la région et de créer une œuvre durable porteuse de sens.
Rendu possible grâce au soutien financier de la MRC de Maskinongé et du Fonds d’initiatives culturelles, le projet s’inscrit pleinement dans la mission du Centre des femmes l’Héritage : être un milieu de vie rassembleur qui favorise l’entraide, l’expression et le développement du pouvoir d’agir.
