Deno Fruits: quatre décennies au service de la communauté
SAINT-ÉTIENNE-DES-GRÈS. Installé à Saint-Étienne-des-Grès depuis 1986, le commerce Deno Fruits célèbre cette année ses 40 ans d’existence. Fondée par Normand Loranger et sa sœur Denise, l’entreprise familiale a traversé les décennies en misant sur la proximité, la qualité des produits et l’implication de son équipe, devenant au fil du temps un commerce bien ancré dans la vitalité économique du village.
PAR FATOUMATA DAPA/ fdapa@icimedias.ca
Un pari lancé à 23 ans
Lorsque Normand Loranger ouvre Deno Fruits le 16 avril 1986, il souhaite simplement réaliser un projet qui le passionne. “J’avais toujours voulu faire ça”, résume-t-il. Quelques mois après l’ouverture, sa sœur Denise quitte l’aventure et il poursuit seul le développement du commerce.
À l’époque, l’entreprise est installée dans un local loué de l’autre côté de la rue. En 1996, le couple achète le bâtiment actuel, situé à côté de la boucherie de Saint-Étienne-des-Grès. Depuis, trois rénovations ont permis d’agrandir progressivement les espaces de vente et d’entreposage.
Au fil des années, l’offre s’est aussi diversifiée avec l’ajout de fromages, de produits congelés et d’aliments transformés sur place, comme des salades, sorbets et fruits coupés afin de limiter les pertes alimentaires.
“Les clients nous demandent des choses. On essaie de voir si on est capable de mettre la main dessus”, explique Linda Saint-Yves, épouse et copropriétaire.
Un commerce de village qui tient bon
Dans un contexte où plusieurs petits commerces peinent à survivre, le couple estime que la constance et la proximité ont joué un rôle majeur dans la longévité de l’entreprise.
“Le plus important, c’est le client. C’est lui qui fait qu’on est encore là”, affirme Normand Loranger.
Selon eux, la clientèle locale demeure fidèle malgré la concurrence des grandes chaînes. En moyenne, entre 200 et 300 personnes franchissent les portes du commerce lors des journées les plus achalandées.
Le couple croit également que les commerces de proximité contribuent directement à la vitalité des villages.
“Quand je vois des jeunes partir une entreprise, j’aime ça. Un village avec des commerces, des boucheries, des dépanneurs, ça le garde vivant”, souligne le propriétaire.
Une équipe devenue une famille
Les copropriétaires attribuent aussi une grande part de leur réussite à leurs employés, dont plusieurs anciens étudiants revenus prêter main-forte au fil des ans, notamment durant la pandémie.
“Quand il y a eu la pandémie par exemple, on avait été en contact. Donc c’est l’équipe des anciens qui sont dans leur milieu de travail, qui étaient rendus infirmières, rendues en administration qui sont venus me donner des quarts de travail. C’est là qu’on voit qu’il y avait un sentiment d’appartenance par rapport aux employés. C’est comme une petite famille”, décrit Linda Saint-Yves.
Ancienne enseignante, celle-ci insiste sur l’importance accordée aux études et à la réalité personnelle des employés. “On essaie toujours d’arranger les horaires en fonction d’eux. Ça crée un sentiment d’appartenance.”
Le couple souligne également l’implication de leurs enfants, qui ont contribué à l’entreprise pendant plusieurs années et continuent d’offrir leur aide au besoin.
Miser sur la qualité locale
Depuis 40 ans, Normand Loranger se rend lui-même à Montréal pour sélectionner les fruits et légumes. Il dit privilégier la qualité plutôt que le bas prix.
“J’achète ce que la clientèle recherche. Si le produit est beau, il va se vendre”, explique-t-il.
Deno Fruits collabore aussi avec plusieurs producteurs québécois, notamment pour les fraises, le maïs, les asperges et certains légumes de saison.
Malgré les fluctuations de prix et les défis liés au financement à ses débuts, le propriétaire affirme que l’entreprise demeure rentable. “Sinon, je serais déjà chez nous”, lance-t-il en riant.
La relève en réflexion
À 64 ans, Normand Loranger commence toutefois à envisager la suite. Aucun processus de transfert n’est encore amorcé, mais le couple reconnaît réfléchir tranquillement à l’avenir du commerce.
“Un jour, il va y avoir d’autres meilleurs”, affirme-t-il.
En attendant, les copropriétaires souhaitent surtout remercier leur clientèle.
“On est vraiment reconnaissants. Les gens ont le choix d’aller ailleurs et ils continuent de nous encourager après 40 ans. On se sent vraiment privilégiés d’avoir une très belle clientèle”, conclut Linda Saint-Yves.
