Bâtiment patrimonial: Louiseville n’interviendra pas

Bâtiment patrimonial: Louiseville n’interviendra pas
Ce bâtiment secondaire de l'avenue Royale devrait être démoli ce printemps, à moins qu'un acheteur se manifeste rapidement. (Photo : Photo Pier-Olivier Gagnon)

PATRIMOINE. La Ville de Louiseville rejette du revers de la main la requête d’une citoyenne qui demandait à ce que le conseil municipal s’engage à protéger un bâtiment patrimonial secondaire de l’avenue Royale qui serait sur le point d’être démoli.

Cette demande a été formulée lors de la période de questions à la séance publique du mois de mars.

Le caractère patrimonial du bâtiment, dont la partie arrière aurait entre 100 et 150 ans et la partie avant près de 90 ans, a incité une citoyenne, qui désire conserver l’anonymat, à initier des démarches auprès du conseil dans le but de suspendre l’ordre de démolition qui a été signifié à sa propriétaire.

C’est qu’à la suite du démantèlement de la résidence principale, le 26 juillet dernier, la Ville de Louiseville a ordonné à la propriétaire des lieux la démolition de ce bâtiment secondaire en s’appuyant sur le règlement de zonage numéro 53, lequel stipule qu’un bâtiment secondaire existant ne peut pas demeurer si le bâtiment principal est démoli, à moins de faire une demande de dérogation mineure.

C’est d’ailleurs dans l’intention de la propriétaire de raser le bâtiment ou de le vendre en pièces détachées, se désole l’instigatrice de la requête. «Personne ne veut conserver le bâtiment et c’est très dommage. Il est unique en son genre par son authenticité, son architecture et la noblesse des matériaux avec lesquels il est construit. Le bâtiment ne tombe pas en ruines. Ça ne prendrait pas grand-chose pour le remettre en état. On parle de quelques rénovations mineures seulement. Quand on fait disparaître nos vieux bâtiments, c’est notre mémoire collective qu’on élimine», mentionne la citoyenne.

Cette dernière précise qu’un bâtiment répertorié patrimonial n’est pas nécessairement protégé. «C’est aux municipalités de le protéger!», signale la dame.

La Loi sur le patrimoine culturel prévoit des mesures de citation ou d’identification du patrimoine culturel par les municipalités locales. Ainsi, une municipalité peut citer en tout ou en partie un bien patrimonial situé sur son territoire et dont la connaissance, la protection, la mise en valeur ou la transmission présente un intérêt public.

Une municipalité peut également appliquer une ordonnance qui n’exige pas de rénovations, mais seulement la conservation du bâtiment dans l’état dans lequel il est au moment de l’application de cette mesure.

«Malheureusement, on est face à un conseil municipal qui ne veut pas se mettre les mains là-dedans. Peut-être que ce dossier va permettre de faire évoluer les gens et de faire prendre conscience de l’importance de notre patrimoine bâti, espère-t-elle. C’est dommage! C’est ce qui rend une ville encore plus intéressante. C’est une vogue de jeter à terre le patrimoine bâti. La Ville devrait plutôt être fière de conserver une telle construction sur son territoire.»

Du cas par cas

Pour sa part, la Ville de Louiseville répond qu’elle n’a pas l’intention d’aller plus loin dans ce dossier préférant laisser le choix à la propriétaire de déterminer ce qu’il adviendra de son bâtiment. «C’est un genre de hangar. C’est un petit bâtiment qui sert comme de dépendance. Il y avait autrefois une maison à l’avant sur le terrain et elle a été démolie. Maintenant, ce vieux hangar a besoin de réparations. Je comprends la citoyenne et elle a le droit d’avoir à cœur le patrimoine. Par contre, ce qu’elle dit, c’est qu’il faudrait passer un règlement pour obliger la propriétaire à garder ce bâtiment. Le conseil n’est pas d’accord avec ça du tout», explique Yvon Deshaies.

Au même titre que ses collègues et la demanderesse, le maire souligne qu’il a lui aussi à cœur le patrimoine bâti et l’histoire. «On n’a pas les yeux fermés sur le patrimoine bâti. On n’est pas d’accord à tout démolir. La preuve, il y a bien des années, il y avait un gros projet sur la table pour le 100 St-Laurent. Le promoteur voulait garder le devant et faire quelque chose de beau en aménageant des condos avec un garage souterrain. Le conseil avait dit non à ce projet pour protéger le patrimoine bâti», révèle M. Deshaies.

«On respecte la démarche de la dame et on accueille les recommandations du ministère de la Culture. Par contre, dans ce dossier précis de l’avenue Royale, le conseil juge que la Ville n’a pas à intervenir».

Selon le plus récent inventaire du patrimoine bâti réalisé en 2007 par la MRC de Maskinongé, la Ville de Louiseville compterait sur son territoire 44 bâtiments patrimoniaux.

Partager cet article
S'inscrire
Me notifier des
guest
0 Commentaires
Inline Feedbacks
Voir tous les commentaires