174 kilomètres pour les Proches aidants de la MRC de Maskinongé

RÉGION.  Transformer une épreuve personnelle en élan de solidarité, c’est le défi que s’est lancé Lucie Carignan en parcourant 174 kilomètres autour du lac Mégantic à compter du 24 août afin d’amasser des fonds pour les Proches aidants de la MRC de Maskinongé.

Elle-même proche aidante de son fils de 32 ans, atteint d’une maladie dégénérative héréditaire incurable, elle connaît intimement les défis que vivent des milliers de familles. “On devient souvent proche aidant sans l’avoir choisi et sans y être préparé. On apprend vite, on s’adapte, on encaisse et on avance avec des situations qu’on ne contrôle pas toujours”, témoigne-t-elle.

Depuis six ans, sa vie est rythmée par les besoins grandissants de son fils. Malgré le choc du diagnostic, elle a choisi de canaliser son énergie vers l’action. “Je n’ai pas de contrôle sur la maladie, mais j’ai un contrôle sur ma réaction. J’ai décidé de me lever et d’essayer de faire une différence”, lance-t-elle.

La marche s’inscrit dans le projet “La démarche”, une initiative personnelle qu’elle mène depuis neuf ans au profit de diverses causes. L’an dernier, elle avait parcouru les 800 kilomètres du chemin de Compostelle, récoltant 20 000 $ pour deux organismes, la Fondation paraparésie spastique et la Fondation InterVal.

Cette année, son choix s’est arrêté sur les Proches aidants. “Je sais ce que c’est de devoir concilier le travail, la vie personnelle et l’accompagnement d’une personne qu’on aime. Des fois, on a juste besoin de ventiler, d’être compris.”

C’est d’ailleurs parce qu’elle bénéficie elle-même des services de l’organisme que Lucie Carignan a décidé d’en faire le bénéficiaire de sa collecte de fonds. Elle dit y avoir trouvé une oreille attentive, des conseils adaptés à sa réalité et un rappel constant de l’importance de prendre soin d’elle-même afin de mieux accompagner son fils. L’organisme lui a aussi permis de se reconnaître comme proche aidante, une étape qu’elle juge essentielle puisque plusieurs personnes considèrent encore leur engagement comme “normal”, sans réaliser qu’elles pourraient recevoir du soutien.

Le choix du lac Mégantic n’est pas anodin, car pour Mme Carignan, son parcours est porteur d’un symbole de résilience. “Après la tragédie, cette communauté a dû se reconstruire. C’est exactement ce que vivent plusieurs proches aidants : reprendre la route un pas à la fois.”

Les 174 kilomètres de son parcours ont été symboliquement mis en vente au coût de 25 $ chacun. L’objectif initial a été atteint rapidement, poussant les organisateurs à hausser la cible à 7 500 $. Le député de Maskinongé, Simon Allaire, s’est engagé à égaler les sommes recueillies, ce qui pourrait porter le don total à 15 000 $.

Avant son départ, Lucie Carignan invite également la population à participer à une marche citoyenne entre Louiseville et Saint-Paulin, le 24 juillet.

Pour Marie-Claude Blais, directrice générale des Proches aidants de la MRC de Maskinongé, cette initiative représente bien plus qu’une campagne de financement. “C’est un cadeau qui tombe du ciel”, affirme-t-elle, rappelant que les sommes recueillies serviront à offrir davantage de services de répit aux proches aidants.

L’organisme estime qu’une personne sur trois est proche aidante au Québec, alors qu’une faible proportion seulement fait appel aux ressources disponibles. “Les gens ne se reconnaissent pas toujours comme proches aidants. Chaque occasion de parler de cette réalité permet à quelqu’un de réaliser qu’il n’est pas seul”, conclut le président du conseil d’administration, Éric Baril.