Jérôme Gerber met un terme à ses activités

La fin pour l'International Snocross, le Mud drag et les tires coûte que coûte

Pier-Olivier Gagnon pier-olivier.gagnon@tc.tc
Publié le 10 janvier 2017

La fin pour l'International Snocross, le Mud drag et les tires coûte que coûte

©Photo TC Media - Pier-Olivier Gagnon

COMPÉTITION. Le promoteur de l'International Snocross, du Mud drag ainsi que de la compétition Tire coûte que coûte, Jérôme Gerber a décidé de mettre un terme à ses compétitions sportives et motorisées présentées à Saint-Alexis-des-Monts.

On a vraiment eu un bon spectacle l'an passé. Maintenant, j'ai un deuil à faire et je pars la tête haute! Jérôme Gerber

Parmi les raisons évoquées, M. Gerber base sa décision sur une insécurité financière, ainsi que des exigences de la fédération de motoneige devenues trop importantes pour la tenue de l'International Snocross. En effet, environ 30 000$ doivent être affectés avant la tenue de l'évènement pour les assurances, l'aménagement du site et les bourses afin de recevoir les meilleurs pilotes au monde.

«L'an passé, nous avons réduit nos coûts d'opération, car la municipalité de Saint-Alexis nous a beaucoup aidé, mais on a quand même perdu près de 60% de nos commanditaires. Pour l'International Snocross, je commençais l'évènement avec quelques dizaines de mille en moins dans les poches. Il faut vraiment que tu connaisses un bon week-end pour renflouer les coffres. Ça ne prend pas de malchance ou une mauvaise température», admet le promoteur.

«C'est beaucoup de travail d'organiser tout ça et il y a un important risque financier. Le public a répondu, mais on stagnait avec les entrées depuis trois ans. Ça aurait pris un nouveau commanditaire majeur et d'autres partenaires pour nous aider à assurer la pérennité des évènements».

Malgré cet épuisement et cette insécurité financière, Jérôme Gerber ne prend pas cette décision avec gaieté de cœur lui qui est toujours aussi passionné par les sports motorisés. Uniquement pour l'International Snocross, le promoteur opérait un budget d'environ 140 000$ pour organiser l'évènement. Il a d'ailleurs dû s'endetter personnellement, il y a trois ans, afin d'honorer toutes les factures qu'il a reçues. «Ça m'a vraiment fait mal! J'ai fait amende honorable. Je n'ai pas baissé les bras et je voulais poursuivre. Maintenant, avec ma famille et un nouveau bébé, je ne peux pas me permettre ça», confie l'ancien pilote professionnel. C'est donc dire qu'à moins d'un miracle, la région perd l'International Snocross, présenté à la fin janvier, le Mud Drag qui a lieu en juin et les Tires coûte que coûte qui se tiennent au mois de septembre.

Déménagement

Au mois d'août 2015, Jérôme Gerber quittait Louiseville avec ses trois évènements majeurs pour s'établir au pays de la motoneige à Saint-Alexis-des-Monts où le maire Michel Bourassa l'accueillait à bras ouverts malgré quelques rumeurs qui laissaient croire que Gerber était tenté d'aller vers Trois-Rivières. Ce déménagement a d'ailleurs eu des impacts considérables sur l'achalandage de deux évènements sur trois, soit le Mud drag ainsi que les tires de tracteurs et de camions. «Nous avons eu peu d'entrées pour ces deux évènements. C'était loin pour le monde, mais aussi pour les participants. Pour les courses de motoneige, nous n'avions pas ce problème. Avant de prendre une débarque financière, je préfère arrêter. C'est une décision très réfléchie, mais difficile à prendre.»

Des pertes régionales

La disparition de ces évènements représente de lourdes pertes pour la région. L'International Snocross apportait des retombées économiques estimées à 300 000$. Près de 5000 personnes prenaient également part à l'évènement chaque année. «Jérôme veut passer à autre chose. J'étais déçu lorsqu'il m'a appris la nouvelle, car les gens étaient nombreux à venir nous voir et ça faisait bouger Saint-Alexis. C'est très exigeant d'organiser tout ça. Le snocross a très bien fonctionné l'an dernier. Je suis quand même très fier qu'il ait choisi d'organiser ces évènements à Saint-Alexis», commente Michel Bourassa, maire de Saint-Alexis-des-Monts. 

Jérôme Gerber est tout de même fier de ses réalisations.

©Photo TC Media - Pier-Olivier Gagnon