Monsieur le préfet, expliquez-moi.

Publié le 13 mars 2017

André Lamy s'adresse au préfet de la MRC de Maskinongé.

©Photo, gracieuseté

M. le préfet, depuis le temps que Louiseville se débat pour faire reconnaître l’aréna local comme infrastructure suprarégionale et que la MRC et toutes les municipalités (à l’exception d’Yamachiche et St-Édouard ) ont jusqu’à ce jour fait la sourde oreille à cette demande, j’ai cette question à vous poser à vous et à tous les maires qui opposent depuis des lustres une fin de non-recevoir à la demande de la ville de Louiseville.

Vous qui  venez d’accepter à la MRC de Maskinongé de donner $100,000 sur 5 ans à la Maison des 3 Colombes, une maison de soins palliatifs de 8 lits à Shawinigan, ne  croyez-vous pas  que cette substantielle somme aurait été mieux investie ici même, dans  VOTRE région à soulager le portefeuille de centaines de parents (de jeunes hockeyeurs et patineuses) de près de $200 par année? Les derniers jours de vie des gens de Shawinigan valent-ils vraiment  plus que la santé des jeunes de VOTRE région, que la pratique du sport en général ou que la santé financière de VOS citoyens? Vous aurez beau répété que cette résidence sera accessible à tous, même aux résidents de notre MRC, vous conviendrez qu’il est très peu probable que les gens d’ici optent en fin de vie  d’aller s’installer loin de leur patelin et de leur famille, n’est-ce pas?  Si noble ait été la  pensée que vous ayez eue pour ce projet, madame et messieurs les maires de la MRC de Maskinongé, les arguments en  faveur de ce choix ne tiennent pas la route.  M. le préfet, expliquez-moi. Je ne comprends pas.

Je comprends bien cependant que la commande de ce $100,000 venait d’un ancien maire de la région, un ami, que vous avez longtemps côtoyé, et que cet ancien maire parlait au nom de nul autre que l’honorable ancien premier ministre du Canada, M. Jean Chrétien, l’un des deux initiateurs de la Maison des trois Colombes. Je n’ai absolument rien contre les élans philanthropiques de gens qui ne souhaitent qu’améliorer les conditions de personnes en fin de vie. Le geste est plus que louable. Et c’est tout à l’honneur de ces gens qui posent là un geste tout à fait désintéressé.

Mais là où le bât blesse M. le préfet, c’est qu’en vous laissant aller à ce  noble sentiment d’empathie, vous ignorez  les besoins des gens d’ici en investissant $100,000 dollars dans une infrastructure qui, en bout de ligne, ne contribuera que très peu et peut-être même pas du tout dans l’amélioration de la qualité de vie( ou de fin de vie) des gens d’ici.

Alors M. le préfet, je vous pose cette question: le messager est-il plus important que le message? Jusqu’à preuve du contraire, monsieur le préfet, madame et messieurs les maires, on a clairement l’impression que  la réponse est oui. Je mets cependant toute ma confiance envers vous tous chers élus pour que vous réalisiez bien que l’empathie et la sympathie, si grands soient ces sentiments, ne doivent pas vous empêcher de voir la réalité quotidienne dans laquelle vivent vos propres citoyens, ni de constater que vous avez entre les mains et dans vos budgets une bonne partie de la solution. Ne reste donc plus qu’à souhaiter que cette belle sensibilité régionale  se transforme un de ces jours, en une aussi belle solidarité maskinongeoise.

André Lamy, Louiseville