Gilles Beaulieu Photo L'Hebdo/Bernard Lepage
La pluie affecte le Temps des Cerises
La cerisaie de Charette devra s'approvisionner dans l'Ouest canadien
En raison de l'incessante pluie qui s'abat depuis le début du printemps, la production de la cerisaie de Charette sera sérieusement affectée.
Gilles Beaulieu, du Temps des Cerises, conserve le moral pour l'instant mais il a découvert il y a deux semaines que l'humidité provoquée par la pluie a favorisé l'apparition d'un champignon – appelé la pourriture brune - qui attaque ses petits fruits. Le résultat en est que des pertes importantes sont à prévoir en prévision de la cueillette prévue au début du mois d'août.
Le tout est difficile à chiffrer pour le moment car les cerises sont encore vertes et donc, peu visibles au travers le feuillage. Dès qu'elles commenceront à rougir à la mi-juillet, le producteur de cerises pourra évaluer les dégats.
Heureusement pour Gilles Beaulieu et sa conjointe Nancy Laprés, un plus grand nombre de cerisiers étaient en floraison ce printemps par rapport à l'année dernière. Dans le meilleur des mondes, Le Temps des Cerises pourrait tout de même atteindre les 4 à 5000 paniers récoltés l'été dernier.
Plus importante cerisaie au Québec, la verger de Charette englobe 3000 cerisiers Evans et 5000 autres de six autres variétés résistant à notre rigoureux climat. Plantés en 2001 et 2002, ce sont les 3000 Evans qui produisent pour l'instant.
À maturité, un cerisier peut produire 50 lbs de fruits, c'est-à-dire environ 25 paniers. La production potentiel du Temps des Cerises pourrait donc atteindre dans quelques années 200 000 paniers, soit 40 fois plus qu'actuellement. «Pour nous, l'avenir réside dans la transformation», indique Gilles Beaulieu.
Quatre bières au cerises
De belles et prometteuses alliances sont déjà nouées avec des intervenants de la région mais également de l'extérieur. Trois microbrasseries de la Mauricie ont ou sont à finaliser des bières préparées avec des cerises de Charette. Le Trou du Diable, à Shawinigan, a même remporté au mois de mai un prix au Mondial de la bière pour sa St-André Claymore. Inspirée par les petits fruits rouges, la micro-brasserie concocte une 2e bière pour la saison estivale. À la Fut, de Saint-Tite, expérimente également une recette, tout comme les Frères Houblon, à Trois-Rivières. Du côté de la restauration, les auberges Le Florès, à Grand-Mère, et Le Baluchon, à Saint-Paulin, ont déjà des mets à base de cerises dans leur menu.
En fait, partout où elle passe, la cerisaie du 1er Rang Nord fait fureur raconte Gilles Beaulieu. Ce fut le cas récemment au Festival du fromage de Warwick ou au Festival de la gastronomie à Québec où le kiosque du Temps des Cerises croulait littéralement sous les visiteurs. Encore la semaine dernière, la rediffusion d'une émission de la Semaine Verte, sur les ondes de Radio-Canada, a provoqué un avalanche de courriels et d'appels téléphoniques à Charette.
La tartinade aux cerises, les cerises séchées et le jus de cerises sont des produits que Gilles Beaulieu et sa conjointe produisent et vendent déjà mais dont il voudrait augmenter la production. Des pourparlers prometteurs ont été établis en ce sens avec des joueurs majeurs tels IGA, Provigo et même le fabricant de yogourt Liberté.
Cet intérêt croissant avec sa cerisaie n'a pas été sans inquiéter Gilles Beaulieu il y a quelques semaines lorsqu'il a constaté la pauvreté de sa production 2008. Il a alors rapidement renoué avec des producteurs dans l'Ouest canadien afin de s'assurer d'un approvisionnement suffisant pour honorer ses contrats.
«Pour ma cerisaie cette année, je vais me servir en premier et si la saison est meilleure que prévue, nous ouvrirons le verger à l'autocueillette en août», termine-t-il.