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Pour Charest et Juppé, 'Bordeaux vaut bien La Rochelle'

Presse Canadienne Article mis en ligne le 17 mai 2008 à 0:00
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BORDEAUX, France - Flanqué des anciens premiers ministres Alain Juppé et Jean-Pierre Raffarin, Jean Charest a lancé samedi les festivités du 400ème à Bordeaux en soulignant que cette inauguration n'était pas moins importante que celle de La Rochelle, à laquelle on lui a reproché de n'avoir pas assisté.
"Je suis ici à l'invitation d'Alain Juppé. Il n'y a pas que La Rochelle qui a fait l'objet d'un lancement, a déclaré M. Charest sur le pont du trois-mâts historique Le Bellem. (...) La Rochelle, c'était une autre activité. (La gouverneure générale du Canada) Mme (Michaëlle) Jean y a reçu un accueil très chaleureux et elle le méritait, mais un lancement n'exclut pas l'autre. Il faut se réjouir que les Français, où qu'ils se trouvent, soient heureux de célébrer notre amitié."
"Bordeaux vaut bien La Rochelle", a renchérit le maire Alain Juppé, pour qui les manifestations bordelaises auront "marqué une étape essentielle du lancement du 400ème" en France.
La volonté affichée par tous à Bordeaux était évidemment de clore la polémique suscitée par la présence de la gouverneure générale à La Rochelle il y a dix jours.
Du reste, on n'était même plus certain samedi que La Rochelle marquait vraiment le début plus ou moins "officiel" du volet français des festivités. Dans l'esprit du président du comité français du 400ème, Jean-Pierre Raffarin, qui a déjà parlé du "début d'une montée en puissance", ce n'était pas le cas.
"Le premier événement public du 400ème, c'était la première du Dragon bleu de Robert Lepage à Châlons-en-Champagne", a-t-il dit avant d'évoquer un lancement officiel survenu à Paris... en octobre 2007.
L'autre grande question était de savoir si la déclaration faite par le président Sarkozy au cimetière canadien de Bény-Reviers marquait ou non un changement de politique de la France à l'endroit du Québec.
Si le chef de l'Etat dit qu'il "aime beaucoup le Canada", les deux anciens premiers ministres Juppé et Raffarin persistent pour leur part à afficher leur préférence pour le Québec.
Vendredi, Alain Juppé s'était démarqué de la position du président en disant qu'il éprouvait, personnellement, un "gros faible pour le Québec".
Samedi, Jean-Pierre Raffarin a abondé dans le même sens: "Le Québec a dans notre coeur une place particulière et un des objectifs du 400ème est de faire en sorte que cette partie de notre coeur batte encore plus intensément", a renchérit M. Raffarin.
L'ancien premier ministre, par ailleurs président du comité français du 400ème, avait été le premier, en avril, à évoquer la possibilité que le président Sarkozy, étant lui-même "contre le ni-ni", revienne sur la politique de "non-ingérence, non-indifférence".
Désormais, il affirme que ses propos ont fait l'objet d'une "interprétation " et préfère ne plus se laisser aller à analyser à haute voix la pensée du président.
"Je ne suis pas le porte-parole du président Sarkozy. Il s'exprime lui-même, il s'est exprimé la semaine dernière et il s'exprimera en terre québécoise en octobre", a déclaré M. Raffarin.
La deuxième journée de la visite de Jean Charest à Bordeaux a été passablement chargée. En matinée, le premier ministre a notamment pris le nouveau tramway de la capitale de la Gironde en compagnie d'Alain Juppé, avant d'aller visiter le jardin botanique, où il a pu prendre connaissance des mesures "exemplaires" mises en uvre par la ville pour préserver la biodiversité.
La journée s'est poursuivie sur le Bellem, trois-mâts centenaire qui mettra le cap dimanche sur Québec, où il arrivera le 2 juillet, juste à temps pour célébrer, le lendemain, les 400 ans de l'arrivée de Champlain.
Dimanche, Jean Charest visite Brouage, près de la Rochelle, le village natal du fondateur de Québec.
Le premier ministre Charest, qui estime que la "relation directe et privilégiée" entre la France et le Québec est là pour rester, sera reçu par le président Sarkozy lundi à l'Elysée. Certains voient dans cette rencontre surprise, qui survient 15 jours après la déclaration de Bény-Rivers, un geste du président en direction du Québec.
En soirée, M. Charest assistera au retour parisien de Céline Dion.
©Tous droits réservés, nouvelles de la Presse Canadienne

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