Pauline Boivin aurait pu connaître un destin tragique sans l’intervention d’un voisin qui est venu à son secours. On la voit ici en compagnie de Guy Richard son bon samaritain. Photo, L’Écho de Maskinongé
Une soirée qui aurait pu tourner au drame
Épuisée, une dame s’effondre pendant une tempête de neige
Une tragédie a été évitée de justesse à Louiseville alors qu’une dame âgée, épuisée et gelée, s’est effondrée dans la neige à quelques pas de sa résidence pendant une tempête de neige. Un ange veillait cependant sur elle.
Pauline Boivin, 79 ans, va se souvenir longtemps de ce vendredi soir de février 2008 alors qu’en revenant à pied d’une partie de cartes, elle a dû affronter la tempête pour rejoindre son domicile. «Je suis tombé au moins trois ou quatre fois sur la rue qui n’était pas déblayée. J’étais complètement épuisée», confie la Louisevilloise qui s’est infligé d’importantes engelures aux mains qui auraient pu, selon le médecin, obliger l’amputation.
Un homme qui regardait la tempête de neige par sa fenêtre a tout vu. «Il devait être minuit trente ou une heure du matin quand j’ai vu cette femme braver le mauvais temps», raconte Guy Richard, un résident de l’avenue St-Jacques. «Je l’ai vu tomber à quelques reprises, se relever, puis continuer à marcher dans la rue pleine de neige. Elle avançait péniblement.»
Une dernière chute
M. Richard s’est déplacé dans son salon pour s’assurer de suivre la dame des yeux. «Je l’ai vu s’effondrer dans la neige au coin de la rue et là, elle ne se relevait plus». Sans hésiter, l’homme de 68 ans qui souffre de différents problèmes de santé, décide de s’habiller et d’aller porter secours à la dame. «Elle aurait pu être ramassée par la charrue sans que personne ne la voit». Bravant la tempête, M. Richard finit par arriver auprès de la dame qui, avouera-t-elle par la suite, pensait bien sa dernière venue. «Je crois que je suis allée au ciel et que je suis revenue», confie Mme Boivin.
Le long chemin
Après avoir crié à l’aide sans succès, M. Richard décide de relever la dame et de la reconduire chez elle. Il ramasse toutes les forces qu’il lui reste, relève Mme Boivin, totalement épuisée. Après de longues minutes à affronter le mauvais temps, ils arrivent enfin face à la porte de la résidence, exténués l’un et l’autre.
La dame rejoint alors son appartement pour se retrouver à la chaleur. M. Richard s’affaisse sur un banc situé dans l’entrée de la résidence où se trouve l’appartement de Mme Boivin, pour reprendre son souffle, se réchauffer un peu et retourner chez lui en affrontant de nouveau la tempête.
Retrouvailles
Quelques jours plus tard, M. Richard décide d’aller à la rencontre de cette femme qui était jusque-là une inconnue, pour s’enquérir de son état de santé. En arrivant sur place, il voit cette dame, pansements aux deux mains, serrer contre elle celui qui quelques jours plus tôt, était venu l’arracher à un destin qu’on ne veut même pas imaginer.