Claude Dupuis, directeur général de la Coopérative forestière du Haut St-Maurice. (Photo L'ÉCHO Patrick Vaillancourt)
Trente emplois perdus en forêt à ajouter à la crise
Le directeur général de la Coopérative forestière du Haut St-Maurice, Claude Dupuis, a annoncé aux médias avec désarrois jeudi la mise à pied de 30 travailleurs en forêt. Ce nombre vient s'ajouter au bilan déjà très lourd de la perte d'emploi liée à la crise forestière.
Les travailleurs de la Coopérative ont appris la nouvelle le lundi 17 septembre. «C'est certain qu'il y avait beaucoup d'amertume, soutient le directeur général. C'est un choix déchirant parce que nous sommes partenaires avec Produits forestiers La Tuque (PFLT) et il s'agit un peu d'un échec. Le but d'une coopérative est d'avoir une association avec les travailleurs et là ils n'ont plus d'emploi. Ce sont les jours les plus sombres de la Coopérative.»
La décision des travailleurs d'Abitibi-Consolidated division La Tuque, l'usine de Rivière-aux-Rats, quant au plan de consolidation de cette usine et de celle de PFLT a des répercussions directes sur plusieurs emplois à La Tuque. «Les deux usines fonctionnent à une faction. Nous fournissons en majorité le bois pour PFLT. Il y a moins de fibres, donc moins de travail. Il y aura aussi des mises à pied pour les opérations forestières de Vermillon. Habituellement, notre saison débute le 15 mai et cette année, nous avons commencé au début de juillet, et c'était tous les travailleurs qui étaient touchés. Nous sommes en quelque sorte victimes de la décision du plan de consolidation des deux usines. Ce qui est difficile à comprendre c'est pourquoi la décision ne se prend pas alors que c'est un bon plan qui a été présenté. Nous savons tous que ça bloque au niveau de l'intégration des travailleurs de PFLT. Aujourd'hui c'est 30 emplois perdus, mais si rien ne se fait ça sera combien d'emplois?», questionne M. Dupuis.
Le directeur général de la Coopérative désire lancer deux messages. «Le premier aux travailleurs de Rivière-aux-Rats : si la consolidation ne se fait pas, va-t-on perdre la totalité de nos jobs? Et l'autre aux politiciens : qu'attendent-ils pour bouger? Nous présentons un projet simple pour conserver notre bois et nos emplois, ils pourraient faire une loi pour aider les compagnies, mais ils ne le font pas.»
Projet de la fibre feuillue
L'avenir de la Coopérative est aussi intimement lié avec la réalisation du projet d'intégration de la fibre feuillue. «Il faut que ce projet se réalise, lance M. Dupuis. Nous sommes presque à quatre ans de l'annonce faite en janvier 2004 et il n'y a rien de fait. Au contraire, les pertes d'emplois continuent de s'accumuler. Il y a de moins en moins de résineux, alors c'est certain que ça nous ferait plus de travail. Ce sont des impacts sur toute l'économie latuquoise.»