Le cavalier Yannick Roch de St-Alexis-des-Monts, le caporal Éric Leduc de Sainte-Anne-de-la-Pérade, la capitaine Pascal Croteau de Trois-Rivières, le cavalier Laurent Proulx de Notre-Dame-du-Bon-Conseil ainsi que les caporaux Raphael Auger de Nicolet et Pierre-Alexandre Nadeau de Trois-Rivières font partie de la délégation de militaire du 12e Régiment blindé du Canada qui s'envolera, en août, pour l'Afghanistan. Photo, L'HEBDO JOURNAL
Après 10 mois d'entraînement, la vraie guerre
Six militaires de la région, appartenant au 12e Régiment blindé du Canada, sont prêts à prendre le flambeau en Afghanistan
Le décompte est commencé. D'ici la fin du mois d'août, six soldats de chez nous s'envoleront pour l'Afghanistan alors qu'ils iront défendre les valeurs canadiennes et participer à la libération de ce peuple meurtri.
Pendant près de 10 mois, une vingtaine de soldats du 12e Régiment blindé du Canada - dont les six de la Mauricie et du Centre du Québec - ont participé à une fausse guerre en Allemagne, afin de s'armer d'expérience pour l'importante offensive qu'ils s'apprêtent à lancer sur le sol afghan. Sous les ordres du capitaine trifluvien Pascal Croteau, ces soldats se déclarent enfin prêts et s'envoleront, d'ici peu, vers Kandahar, où ils auront à rejouer les mêmes scènes qu'en Allemagne, mais cette fois-ci pour de vrai, avec de véritables ennemis et d'éventuelles ripostes.
Pour cette délégation qui fera trembler le sol afghan par le poids des nouveaux tanks Léopard, la mission, qui est de nettoyer le pays des insurgés talibans, s'annonce positive. Le retour du Léopard, le plus imposant char d'assaut canadien, parmi l'artillerie du 12e Régiment blindé du Canada sème l'enthousiaste des soldats qui seront déployés sous peu en Afghanistan. «On se sent choyés. On part beaucoup plus confiant et notre peur se transforme en assurance. Ces véhicules d'assaut sont capables de résister aux mines, qui sont la source de nombreuses pertes depuis le début de la guerre. Ce sont donc d'importants atouts.», assure le capitaine Croteau. Avec ses 55 tonnes et son canon de 105 mm qui porte sur trois kilomètres, ce char d'assaut offre, selon le capitaine Croteau, un avantage de poids. «Notre couverture pourra permettre aux fantassins de s’approcher plus rapidement des villages.», explique-t-il.
D'ailleurs lorsqu'on le questionne sur l'opinion critique québécoise face à cette guerre qui perdure, le capitaine prend un ton rassurant. «Depuis le début, pas moins de 10 000 soldats canadiens ont été déployés en sol afghan. Sur ce nombre, 66 ont péri dans ce conflit. Il faut voir tous les accomplissements réalisés depuis le début. Ces gens-là vivent dans la peur et la misère. Nous avons eu la chance de naître au Canada et de recevoir de bonnes valeurs. À nous maintenant de les transmettre aux autres et c'est ce que nous tentons de faire en Afghanistan. Pour ces femmes et ces enfants, ça vaut le coup d'aller au front et de se battre.»
Un brin d'histoire
Les soldats du 12e Régiment blindé du Canada, qui étaient de passage à Trois-Rivières lundi matin, ont eu la chance de parcourir quelques pages de l'histoire militaire de la Ville, visitant par le fait même le Manège militaire de Trois-Rivières, la maison mère du 12e Régiment blindé du Canada.