Une amélioration, mais un taux de suicide toujours élevé


Publié le 6 février 2017

Le taux de suicide chez les femmes est nettement supérieur au taux québécois, soit 10, 3 par rapport à 6,3.

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Malgré une amélioration, les taux de mortalité par suicide en Mauricie et Centre-du-Québec demeurent significativement plus élevés que ceux du reste du Québec, selon les plus récentes données.

«Le taux a toujours été supérieur et nous ne sommes pas capables de l'expliquer, indique Dre Sylvie Lacoursière. Pendant bien des années, la région se classait parmi les trois présentant les pires taux de suicide. Maintenant, elle se situe au cinquième ou sixième rang.»

Au Québec, trois personnes par jour s’enlèvent la vie. En Mauricie et Centre-du-Québec, cette réalité représente environ 90 personnes annuellement. Pour la période de 2012 à 2014, constituant les plus récentes données recueillies, le taux de mortalité par suicide pour la province représentait 13,3 pour 100 000 personnes tandis qu'il était de 17,5 pour la Mauricie et Centre-du-Québec.

Le taux plus élevé est un phénomène qui s’observe tant chez les hommes (24,6) que chez les femmes (10,3). On constate néanmoins un taux significativement plus élevé chez les hommes, et ce, pour toutes les tranches d’âge. Dans la région, les hommes entre 25-64 ans se démarquent par rapport à cette problématique. Le taux de suicide observé chez les jeunes hommes âgés de 15 à 24 ans a quant à lui fortement diminué.

«Ce qui est préoccupant, c'est le taux de suicide chez les femmes qui est nettement supérieur au taux québécois, soit 10, 3 par rapport à 6,3. Cela contribue beaucoup à l'écart provincial. Nous intensifierons donc nos actions afin d'essayer de diminuer cette statistique», souligne Mme Lacoursière.

Autre donnée éloquente, selon l'Institut national de santé publique du Québec, le taux de suicide chez les hommes dans les milieux ruraux se situait à 29 pour 100 000 personnes en 2013 contre 18 en milieu urbain.

«Le suicide n’est pas une option»

Le suicide ne doit pas être considéré comme une option pour mettre fin à sa souffrance, rappelle la femme médecin. «Chaque personne est importante et doit obtenir de l’aide si elle en a besoin.» En ce sens, les membres de l’entourage sont appelés à être attentifs aux signaux de détresse, à être à l’écoute et à référer la personne aux ressources d’aide disponibles.


Mme Lacoursière tient à rappeler l’impact que tout un chacun peut avoir dans la vie d’une personne vivant une situation difficile.

«N’hésitez pas à prendre les devants si vous constatez que l’humeur d’une personne de votre entourage a changé, si vous la sentez plus refermée ou peinée. Que ce soit simplement pour lui signifier votre présence, votre disponibilité ou pour la référer vers les bonnes ressources, ça peut faire toute la différence.»

Différentes ressources

Le Centre d'écoute et prévention suicide (CEPS) Drummond (819 477-8855) offre de nombreux services d’intervention, de prévention et de postvention pour les personnes en détresse, à leurs proches et aux personnes endeuillées par suicide.


Des lignes téléphoniques telles que 1-866-APPELLE ou 811 Info-social peuvent également permettre à une personne dans le besoin de parler rapidement à une personne compétente qui sera à l'écoute et offrira un service confidentiel et de qualité.