Le Fonds de 200M$ réparti dans la région?

L'enveloppe réservée aux municipalités à l'extérieur de Trois-Rivières et de la MRC de Bécancour est épuisée

Pier-Olivier Gagnon pier-olivier.gagnon@tc.tc
Publié le 16 novembre 2016

La centrale nucléaire a amorcé son processus de déclassement en décembre 2012.

©(Photo TC Media - Archives)

La portion de 25% de l'enveloppe de 200 millions$ du Fonds de diversification économique Mauricie/Centre-du-Québec, qui était réservée aux territoires situés à l'extérieur de la MRC de Bécancour et de Trois-Rivières, a été complètement épuisée.

Ce ne sera pas à la traîne. On sait qu’il s’agit d’un dossier important pour les régions. - Jean-Pierre D’Auteuil, porte-parole du ministère

Obtenue en primeur par TC Media, l'information a été confirmée par le ministère de l'Économie, de la Science et de l'Innovation chargé de la gestion du fonds. À l'inverse, seulement 33 des 150 millions$ réservés à la Ville de Trois-Rivières et à la MRC de Bécancour ont été dépensés.

En date du 30 septembre 2016, ce sont 301 projets qui ont été soutenus grâce à des interventions financières de 83,6 M$ qui ont généré des investissements de 499,2 M$. Ces projets ont permis de créer ou de maintenir 3216 emplois en Mauricie et dans le Centre-du-Québec.

Le temps presse, puisqu’il reste moins de 18 mois aux entreprises de la MRC de Bécancour et de Trois-Rivières pour mettre la main sur les 116 millions$ encore disponibles. D'autant plus qu'il faut prendre en compte les délais d’acceptation des projets qui peut s’étirer sur plusieurs mois.

Ironie de la situation, au cours des dernières semaines, des ministres de passage dans la région de Maskinongé rappelaient l'importance de déposer des projets tout en indiquant que de l'argent était toujours disponible.

Des critères sous analyse

Mis sur pied en 2012 par le Parti Québécois pour atténuer les impacts économiques de la fermeture de la centrale nucléaire Gentilly-2, un bilan de mi-parcours était déjà prévu dès le départ pour revoir certains critères, s'il y a lieu.

Celui-ci a déjà été réalisé et il est sous analyse pour voir si des améliorations peuvent être apportées afin de rendre le Fonds plus efficace. Parmi les scénarios envisagés, on note un assouplissement des critères, un prolongement du programme qui expirera le 1er avril 2018, une révision de l’attribution de l'enveloppe ou des transferts de sommes vers d'autres secteurs.

Selon cette dernière hypothèse, des entreprises de Drummondville, La Tuque, Maskinongé, Shawinigan et même Victoriaville pourraient se servir dans les 116 millions$ restant pour la MRC de Bécancour et la Ville de Trois-Rivières.

Si des entrepreneurs de ces territoires décident de déposer des projets dans ce fonds, ils ne doivent pas s'attendre à un refus automatique même si leur enveloppe est épuisée, a confirmé le porte-parole du ministère de l'Économie, de la Science et de l'Innovation, Jean-Pierre D'Auteuil.

En attente d'une décision

Le dossier se trouve sur le bureau de la ministre responsable des Petites et Moyennes Entreprises, Lise Thériault, et une décision est attendue sous peu. «Ce ne sera pas à la traîne. On sait qu’il s’agit d’un dossier important pour les régions», souligne le porte-parole du ministère, Jean-Pierre D’Auteuil.

Actuellement, les critères du Fonds prévoient son utilisation sous forme de subventions, de participations à l’actionnariat, de prêts ou de garanties de prêt à des entreprises réalisant des projets d’investissement.

En créant ce fonds régional, le gouvernement s’engageait à soutenir l’économie dans la transition suivant le déclassement de la centrale nucléaire Gentilly-2. Ce fonds visait prioritairement la MRC de Bécancour et la Ville de Trois-Rivières et c'est pourquoi 75% de l'enveloppe du fonds leurs avaient été réservées.

Avec la collaboration de Sébastien Lacroix et Marianne Côté

À LIRE AUSSI:

Bécancour désavantagée par les critères