Au cours d'une année, Robert Guignard prévoit faire don de son sang à tous les 56 jours, comme le permettent les règles d'Héma-Québec. «Étant donné que je suis un donneur régulier, les gens d'Héma-Québec me téléphonent et me disent où se tiendra la prochaine collecte. Eux, en réalité, savent que cela fera automatiquement un don de sang de plus. Ils peuvent donc le compter dans leur objectif», explique M. Guignard, qui participe aux collectes organisées dans les municipalités avoisinantes telles Yamachiche, Saint-Léon-le-Grand, Maskinongé et Louiseville.
L'histoire de Robert Guignard a commencé par un pari entre lui et des amis quand la Croix Rouge était venue tenir une collecte à l'école Jean XXIII de Louiseville. «Quand nous sommes arrivés pour donner de notre sang, mes deux amis ont été refusés. Il n'y avait que moi qui pouvais donner du sang. Depuis ce temps, je n'ai jamais arrêté. Il faut dire cependant que je suis chanceux, car je ne suis pas nerveux d'avance. Je ne crains nullement les piqûres ou les aiguilles et je n'ai jamais rencontré de problèmes particuliers, si ce n'est qu'une fois où je me suis senti étourdi. Je m'étais alors allongé et le mal a passé», rappelle celui qui travaille à la maintenance pour la Commission scolaire du Chemin-du-Roy.
L'objectif de Robert Guignard: que cette entrevue qu'il a accordée au Journal L'Écho n'incite qu'une seule personne à donner du sang. Et, s'il y a plus de gens qui le prennent en exemple, cela sera tant mieux! «Je n'obligerai jamais quelqu'un à donner. Je peux seulement dire aux gens que ça ne fait pas de mal à une mouche et de venir voir comment ça se passe. Ça ne coûte rien d'essayer», lance-t-il. «Ce qui me ferait également plaisir c'est de savoir combien de donneurs se présentent à chaque collecte dans la région et si chacune a atteint ou non son objectif. Je ne fais pas de dons de sang pour moi, mais bien pour les autres. Au départ, je le faisais pour me donner un défi personnel et au fur et à mesure, je pensais à tous ceux et celles qui peuvent en bénéficier», ajoute M. Guignard. «J'ai même déjà donné du sang de personne à personne. Ça, c'était toute une expérience. Nous nous étions rendus à l'hôpital après qu'un de mes collègues se soit blessé alors que nous travaillions au nord de La Tuque, à l'époque où j'étais mesureur forestier. Arrivés à l'hôpital, ils avaient besoin immédiatement de sang. Ce n'était même pas pour mon confrère. Ils m'ont alors installé aux côtés d'un ou d'une patiente. Je ne pouvais voir la personne puisque nous étions séparés par un rideau. C'est là que tu t'en rends compte que c'est important de donner du sang».
Je n'obligerai jamais quelqu'un à donner. Je peux seulement dire aux gens que ça ne fait pas de mal à une mouche et de venir voir comment ça se passe. Ça ne coûte rien d'essayer - M. Robert Guignard
Ses nombreuses contributions ont également valu à M. Guignard la reconnaissance à plusieurs occasions d'Héma-Québec. En effet, il a récemment reçu une invitation à une fête organisée par l'organisme, qui se tiendra prochainement au Sheraton à Laval. «Je ne veux pas arrêter de si tôt. Il ne faut pas non plus que m'arrête, même pas un an, car après ça, je devrai passer des examens médicaux pour recommencer. Et en donnant régulièrement, je peux donc continuer de donner jusqu'à l'âge de 75 ans», lance fièrement le généreux donneur.
