Comme Mme Julien est une femme très active, elle a donc cru bon d'offrir aux enseignants et enseignantes l'opportunité de les recevoir dans leurs classes pour démontrer le langage qu’elle et sa sœur utilisent pour communiquer. «Étant enseignante moi-même au niveau secondaire à Saint-Alexis-des-Monts, j'invitais ma sœur dans mes périodes libres et nous faisions des ateliers avec les élèves de ma classe. Cela remonte aux années 90. Depuis ce temps, cette activité a fait boule de neige», explique Mme Anne-Marie-Julien.
Jusqu'à maintenant, toutes les classes de Saint-Paulin et Charette ont reçu les deux sœurs Julien. Cette semaine, c'était au tour des jeunes de la maternelle de l'école primaire de Louiseville, du pavillon Jean XXIII. En avril prochain, ce seront les étudiants de Saint-Élie-de-Caxton et Saint-Barnabé qui prendront part à cette activité.
Apprendre à être différent
Les jeunes participent donc à cet atelier de deux heures. On y fait l'alphabet avec les mains (langage signé) et l'explication du système de braille (petits points soulevés qu'on peut lire avec l'index gauche). Mme Julien apporte avec elle trois dactylos et après les explications, les jeunes peuvent mettre à l'œuvre ce qu'ils ont appris en inscrivant leur nom.
Dans son sac, Anne-Marie Julien a également des objets qui font partie intégrante de la vie de sa sœur Suzanne pour lui faciliter les choses: cadran tactile sans vitre, montre avec un clapet pour lire l'heure avec ses doigts, lecteur de billets de banque avec vibrations dans les mains, boutons de formes diverses pour associer les vêtements, attaches pour mettre les bas de même couleur au lavage, etc. Suzanne a également une façon spéciale bien à elle de peler des pommes de terre…elle tricote aussi des mitaines devant les enfants, tous ébahis les uns plus que les autres. «Le but de ses visites dans les écoles est de démontrer aux jeunes qu'une personne différente peut communiquer différemment et faire les choses aussi différemment pour arriver au même résultat. En même temps, j'incite les enfants au respect des personnes qui ont un handicap et je leur fais apprécier les cinq sens», souligne Mme Julien.
