Bien sûr les jeux de mots incisifs, la poésie touchante et l’imaginaire débridé de Fred nous transportent d’or et déjà dans un univers à priori fantastique. Mais le talent et la sensibilité artistique de Luc Picard y joue aussi un rôle fondamental. Prises de vue audacieuses, direction d’acteurs magistrale, photographies soignées, montage intimiste, sans compter des scènes mythiques de toute beauté sur le plan cinématographique, telle ces mouches à feu qui font scintiller le ciel nocturne comme autant d’étoiles ou encore, cette envolée incroyable d’un taureau qui fonce et disparaît tout droit dans le soleil couchant…
Et quel plaisir dans le jeu de tous ces comédiens chevronnés qui s’en donnent à cœur joie dans leur interprétation. Des personnages plus caricaturaux les uns que les autres : Méo le coiffeur ivrogne; la belle Lurette, l’amante et éternelle adolescente; Toussaint Brodeur, le sympathique éleveur de mouches; Madame Gélinas, enceinte depuis vingt ans; sans compter des paroissiens superstitieux à souhait et dominés par la peur, celle que propage allégrement un nouveau curé à la poigne de fer…
Il ne faudrait pas oublier bien sûr le fou du village, magnifiquement interprété par Vincent-Guillaume Otis, dont le jeu sensible et nuancé donne toute sa candeur et son innocence au personnage. On connaissait l’humour et la verve du conteur, et voilà que l’on découvre ici un aspect plus intime de Fred: son immense tendresse…
Sur un fond thématique dépeignant la grande noirceur et l'aliénation d'un peuple par l'église, c’est avant tout le droit à la différence et le droit d’être tout court, que véhicule le film. Babine, c’est l’expression de la sensibilité profonde et particulière qui sommeille en chacun de nous…
- <@Rb>Ronald-Mika Milot
Saint-Élie de Caxton<@$p>
- OPINION DU LECTEUR - Si Fred m'était conté
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